~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Pяεςεитɑтioи

_
_
_
_
_

________________________________Une reine ____________________Une élue
_________________________________Des sujets ___________________ Des amis
__________________________________Un destin tragique _____________ Un dernier espoir

.....
....
...
...
....
.......
.........
.........________________________________ Une histoire de Chimère ...
.......
.....
....
....
.....
........
.........................................
.................................................
......................................................
Chimère :
Animal fantastique qui permet l'évasion dans des rêveries sans consistance

Synonyme :
Fantaisie - Illusion - Mirage - Rêverie - Songe




Plongez vous dans un univers jamais encore exploré
, toutes vos ;certitudes seront :réduites à, néant
Et où vos rêves les plus fous prendront enfin,réalité
_
_
_
_
_
_
_

Autres liens : Ficlovetokiohotel / Freundschaft-th / Yaoi-liebe-bill-tom / Maphilo2lavie
Vous pouvez aller me noter : Best-sky-stories / Reves-Repertoire / Annuaire-litterature / xAnnuaireFictionx

# Posté le vendredi 04 décembre 2009 09:30

Modifié le samedi 12 décembre 2009 08:42

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Pяoℓoɢuε

_
_

___Je n'avais jamais pensé me lever un matin et découvrir que j'étais différente. Et pourtant, ce fut le cas. Je n'avais rien demandé et je me retrouvais mêlé à une guerre millénaire dont les raisons m'échappaient tant elles étaient étrangères à ma logique. Je me découvrais des racines royales. J'apprenais l'histoire d'un peuple dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence tant la magie qui l'entourait me paraissait irréelle. Ce peuple était pourtant le mien quoi que j'en dise, quoi que j'en pense. De nombreux secrets me furent révélés. Certains dépassaient tout ce que j'aurais pu imaginer. D'autres étaient en réalité enfouis au fond de moi et j'avais tenté de les repousser dans une contrée lointaine de mon esprit. J'aurais surment réussi à y faire face si on ne m'avait pas demandé de me confronter au diable en personne. Ce diable qui me ressemblait trait pour trait et qui souhaitait prendre le controle de mon corps, de ma vie, de mon peuple.
___Mais malgré tous ces détails aussi sérieux soient-ils, j'étais là. Une couronne dorée surlaquelle étaient incrustées des pierres si précieuses qu'aucun bijoutier n'aurait osé les vendre était posée sur ma chevelure coiffées de fleurs dont les senteurs et la beauté rendraient fous le plus sains des hommes. La robe qui me drappait était elle aussi d'une beauté époustouflante, un mélange de soie, de satin et de velours dont la place aurait été dans un musée et non à un défilé. La bague qui ornait mon doigt aurait brulé n'importe quel imbécile qui aurait tenté de s'en emparé alors qu'elle ne lui appartenait pas. Mais à mon annulaire, elle semblait être à sa place. La septre qui occupait ma seconde main faisait de moi la reine de ce monde. De mon monde. De mon peuple. Des Chimères.

_
_

# Posté le lundi 27 juillet 2009 17:49

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 14:16

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Cнɑρiтяε 1___ _____Pɑятiε 1

__________________________
__________________________

Découverte 1ere partie

__________________________
__________________________


On lit pour découvrir une vison de monde.

Amélie Nothomb


___Jeudi 26 Avril, supposé être un jour comme les autres. Un jour banal durant lequel je me rendrais en cours et passerais le plus clair de mon temps à regarder par la fenêtre en espérant que la sonnerie me sauve de cet enfer comme les trois quart des lycéens avant de rentrer chez moi et passer mes nerfs sur l'ordinateur en parlant au peu de contact que je possédais. Mon réveil sonna bien que je ne fus déjà réveillée, et m'obligea à quitter ma couette bleue claire que je maintenais au dessus de ma tête pour aller en cours. Je préférai ne pas perdre de temps, sinon je risquai de replonger dans les bras de ce bon vieux Morphée et d'arriver en retard. J'étais en terminale scientifique, ce n'était donc pas un plaisir de prendre le bus chaque matin pour me rendre au lycée. Surtout que je n'étais pas un personne très "populaire". Je n'étais pas méchante mais assez réservée, ce qui avait le don de déplaire à certaines personnes. Mon silence était interprété comme de l'hypocrisie, un sentiment de supériorité. Alors que cette discrétion n'était due qu'à une forte timidité et une maladresse remarquable. Mais j'avais cessé de me poser trop de questions et préférais les laisser faire afin de vivre ma vie tranquillement. J'étais devant mon armoire à chercher un jean propre et un tee-shirt qui lui soit un minimum assortit. Chose faite, je me dirigeai vers la salle de bain se trouvant à l'étage à quelques pas de ma chambre. J'étais la première levée comme tous les matins. Ma mère le serait certainement quand je sortirais ainsi que mon père. En revanche, mon frère avait encore du se coucher à 3 heures du matin après avoir passer sa soirée à boire avec ses amis. Amis que je ne connaissais que de nom, mais je savais que depuis qu'il traînait avec eux, ses soirées étaient toujours remplies. A croire qu'ils se réunissaient tous les soirs pour faire la fête, vu le manque de sommeil dont mon frère était victime et qui le poussait à se lever un peu trop tard à mon goût.
___En un peu plus de vingt minutes, j'étais douchée, séchée, habillée. Je retournai dans ma chambre me mettre du crayon et du fard à paupière. Je passai un rapide coup de brosse dans mes cheveux pour essayer de dompter ma tignasse rebelle, mais abandonnai aux premières difficultés. Je les attachai donc en queue de cheval avec un des nombreux élastiques qui se promenaient sur le manche déboîté de ma brosse et finissais par me diriger vers la cuisine. Je n'étais pas encore arrivée au bout des escaliers que j'entendis ma mère :

_ Bonjour ma chérie ! me lança-t-elle à travers le couloir.
_ Bonjour M'man. T'es obligée de crier ? lui dis-je en entrant dans la cuisine.
_ Tu as mal dormi ?
_ Nan, j'ai juste pas envie d'aller en cours.
_ La vie est faite de choses désagréables.

___Je ne pris pas la peine de répondre, ma mère et ses expressions qui conduisaient facilement à mis-chemin entre l'agacement et l'ironie, mais un long soupire m'échappa. J'entamai mon petit déjeuné composé de chocapic trempant dans du lait versé dans un grand bol rose où mon prénom était inscrit en lettres dorées : Sarah. Un cadeau de ma grand-mère. J'étais tellement absorbée par ma contemplation que je n'entendis pas mon frère arrivé dans la cuisine, criant à mon égard :

_ T'aurais pu me réveiller bordel !
_ T'as qu'à te coucher plus tôt, tu serais capable de te réveiller tout seul ! lui répondis-je sur un ton accusateur.
_ Tu fais chier, me cracha-t-il au visage, le visage rouge de colère.
_ Ravie de l'entendre.

___Il s'installa en face de moi, ou plutôt, se lassa tomber comme une larve sur la chaise en face de la mienne. Il était passé en coup de vent par la salle de bain et les marques de l'oreiller n'avaient pas daigné quitter son visage. C'était toujours la même histoire : il ne se réveillait pas, me criait dessus mais il finissait par s'excuser. Mon père arriva à son tour dans la petite pièce. Il nous déposa un baiser sur le front à tous les deux et partit embrasser ma mère.

_ Quelle atmosphère pesante, déclara-t-il le sourire aux lèvres.
_ C'est pas drôle Papa.
_ Désolé fiston. C'est plus fort que moi.
_ Ne les énerve pas plus qu'ils ne le sont chéri, rigola ma mère même si je savais bien que ces disputes la blessaient.
_ On est pas énervé ! répliqua-t-on avec mon frère.
_ Tu vois, tout s'arrange, réenrichit mon père.

___On finit notre petit déjeuné dans une humeur bien meilleure que celle qui régnait plus tôt. Mon père partit directement au palais de justice après avoir bu son café et nous avoir embrassé une dernière fois. Il était avocat et son boulot comptait énormément pour lui. Mon frère et moi fûmes les suivants à quitter la maison. Il prit sa voiture pour aller à la fac tandis que moi, je me rendis à pieds à mon arrêt de bus pour mon plus grand bonheur, mon i-pod tournant sur la dernière chanson du moment. Ma mère travaillait à la maison en tant que consultante juridique à cause de son traitement. Elle était malade mais j'ignorais encore quel était réellement ce mal qui la détruisait. J'arrivai à mon arrêt en dix minutes. Il y avait déjà du monde dont Aaron et Marine, qui étaient tous deux dans ma classe. Marine était mon total opposé : jolie, sure d'elle, connue de tout le lycée. En revanche, son niveau intellectuel laissait à désirer, c'était une qualité qu'elle ne possédait pas. Ainsi que la modestie, l'humilité et la sincérité. Je ne connaissais personne d'aussi hypocrite, prétentieux et suffisant que cette bimbo des bacs à sable, qui ne voyait que par la bonne tenue de son maquillage et de ses cheveux. Je ne la portais pas dans mon coeur pour ces raisons que je jugeais amplement suffisantes. Même si je ne lui adressais que peu la parole. Mais je ne pouvais supporter son comportement. Puis, elle non plus ne me portait pas dans son coeur. Quant à Aaron, je ne le connaissais pas très bien. Il était étrange. Très mystérieux, il ne parlait pas et on avait l'impression qu'il se moquait systématiquement des personnes qui l'entouraient. Il riait sans arrêt. Mais le plus étrange, c'était que dés qu'il me voyait, il ne pouvait s'empêcher de me fixer. Ça durait depuis quelques temps déjà mais ça devenait de plus en plus gênant.
___Le bus arriva et mit fin à ma gène vis à vis de ce grand blond aux yeux bleus qui, une fois de plus, avait décidé de ne pas me quitter des yeux. Nous montâmes tous, et comme à mon habitude, je pris place au fond du bus, mon i-pod toujours dans les oreilles. Mais ce jour là, et j'en ignorais la raison, Aaron décida de s'asseoir à côté de moi alors qu'il restait plusieurs autres places autour de nous. Je mis quelques secondes pour réagir. Il tourna la tête vers moi et bougea les lèvres mais n'eut aucune réponse de ma part. Il haussa un sourcil devant mon manque de réaction. Mon cerveau s'éclaircit enfin et j'éteignis mon i-pod sans pour autant enlever mes écouteurs. Néanmoins, je lui adressais un timide sourire pour lui faire comprendre que je l'écoutais.

_ Comment vas-tu ? me demanda-t-il avec un sourire scotché aux lèvres.
_ Bien et toi ? demandai-je à mon tour un brin gênée.
_ Parfait.
_ A ce point là ? répondai-je, curieuse.
_ Tu n'imagines même pas.
_ Je peux savoir ce qui te rend si heureux, aller en cours ?
_ Non, c'est pas pour les cours.
_ Tu m'en vois rassurée.
_ Tu connais la librairie qui fait la quart en face de l'hôpital ?
_ J'ai jamais eu l'occasion d'y aller, elle me fait froid dans le dos.
_ Tu devrais. Tu apprendrais beaucoup de choses.

___Il prononça cette phrase en plongeant son regard dans le mien. Je me perdis dans cet océan aux couleurs bleutées. Mélange d'exotisme et de fraîcheur. Je ne revins à la surface que lorsqu'il se leva brusquement pour s'asseoir un peu plus loin. Il ne cessa cependant de sourire. Un sourire comme je n'en avais jamais vu. Un sourire pour lequel on pourrait se damner. C'était la première fois que l'on parlait réellement lui et moi, que l'on se regardait dans les yeux, que nous étions aussi près l'un de l'autre. Je ne le regrettais pas mais il me paraissait toujours aussi étrange. La librairie dont il venait de me parler vendait des livres anciens et le propriétaire était un vieil homme d'une soixantaine d'années passionné par ses bouquins selon les dires. Refusant de prêter une réelle attention à son conseil, je décidai de rallumer mon i-pod et d'occulter ce qui venait de se passer.
___Le trajet fut rapide comme à son habitude. Je descendis du bus et rejoignis Julie devant le portail. Ma meilleure amie depuis des années. Ma grande brunette, un peu dérangée arborait une nouvelle tenue qu'elle devait avoir trouvé ce week-end, elle courrait déjà en ma direction alors que je venais à peine de poser mes pieds au sol.

_ Salut salut ! s'exclama-t-elle en me sautant au cou pour m'écraser les deux joues. Ça va ?
_ Faut que j'te raconte un truc trop bizarre.
_ Vas-y ! s'exalta-t-elle.

___Je lui racontai alors la discussion que j'avais eu avec Aaron un peu plus tôt dans le bus. Ma surprise lorsqu'il s'était assis à coté de moi. Ma décontenance face à ses paroles. Sans oublier la beauté de son regard qui m'avait fait voyager à mille lieues d'ici. Elle ne trouva rien de mieux à me répondre que :

_ Je savais qu'il en pincer pour toi !
_ Julie, je suis sérieuse, il m'a fait flippé.
_ Tu seras pas vierge toute ta vie tu sais.
_ C'est pas la question.

___Julie et l'art de tourner une discussion sérieuse en une discussion portant sur le sexe ou ... sur le sexe. Julie était la seule véritable amie que je possédais. Avec elle, je réussissais à être souriante et amusante, je n'avais pour ainsi dire peur de rien. Elle était la soeur que je n'ai jamais eu. On continua de parler toutes les deux jusqu'à ce que la sonnerie nous informe du début des cours. Je la déposai devant sa salle et continuai à longer le couloir pour arriver à la mienne. Je pénétrai à l'intérieur de la pièce de couleur pale où une vingtaine de bureau servaient de décor et allai directement à ma place. Je n'avais peut-être pas encore les idées claires vu l'heure matinale qu'il était mais j'eus l'impression que ma chaise s'était décalée toute seule pour que je puisse m'asseoir. Encore une fois. Je décidai à nouveau de ne pas y faire attention comme d'habitude mais, une fois de plus, quand je relevai la tête, je vis Aaron me faire signe de la sienne, il la tourna de droite à gauche toujours son sourire gravé sur les lèvres. Il me donnait l'impression de comprendre ce qui m'échappait. Il dégageait une telle assurance que cette assertion m'apparut logique. Cette journée était de plus en plus bizarre et incompréhensible.
___Je détournai rapidement la tête pour cacher ce sentiment d'angoisse naissant. Ma voisine, Natasha, vint couper cour à mes interrogations en me saluant. J'aurais voulu la remercier mais elle n'aurait rien compris. Elle s'installa après m'avoir déposé un baiser bruyant sur la joue. Natasha était une des rares personnes de la classe avec qui je parlais. Elle était d'une simplicité d'âme que j'admirais. Elle aimait tout le monde, même ceux qui ne l'aimaient pas. Elle était incapable de faire du mal. Elle détestait la méchanceté gratuite. Notre de prof de maths fit enfin son entrée. J'étais donc partie pour mes deux heures de maths du Jeudi, ce qui ne me réjouissait en rien. Natasha engagea la conversation, profitant que la prof ait le dos tourné.

_ Comment tu vas toi ?
_ Comme d'hab'. Je donnerais tout pour être dans mon lit au moment où je te parle. Et toi ?
_ Pour tout t'avouer, il va m'arriver une couille aujourd'hui, rigola-t-elle, même si je parvenais à percevoir sa crainte.
_ Pourquoi ça ?
_ L'ex de Marine me tourne autour.
_ C'est pas de chance.
_ Surtout que je ne lui ai rien demandé. Il ne m'intéresse même pas, dit-elle en rigolant derechef.
_ J'avoue que Marine les choisit très mal. Sans vouloir être blessante, mes goûts différent totalement des siens.
_ Elle est bien golée, mais avoir plus de poitrine que de jugeote ne l'aide pas vraiment.
_ J'avoue. Mais lui piquer son ex, ça va pas lui plaire.
_ Bah elle va s'exciter alors que j'en ai rien à foutre de l'autre abruti.
_ Il n'est pas si idiot que ça.
_ Je sais. Mais c'est de sa faute si je suis dans la ligne de mire de Miss 90D.

___Je rigolai du nouveau surnom de notre camarade et essayai de me plonger dans le cours.
___Le reste du cours passa assez rapidement entre les frasques de Natasha et son plan d'évasion, je ne vis pas mes deux heures passer. On sortit avec Natasha retrouver nos amis respectifs. Elle me laissa donc une fois arrivées au premier pour se rendre à la salle où l'attendaient Martin et Lise. Moi, je continuai pour retrouver Julie au distributeur du rez de chaussé. Mais je bousculai quelqu'un dans les marches.

_ Pardon ... Aaron, dis-je après une seconde d'hésitation.
_ J'te fais peur ?
_ Quoi ?
_ Arrêtes de détourner les yeux quand je te regarde.
_ Je détourne pas les yeux.
_ Mais bien sur.
_ Tu te pousses, on m'attend.
_ Oublie pas d'y passer.

___Il se décala et je pus enfin continuer ma route, non sans me retourner avant de tourner au bout du couloir. Mon angoisse passée refit son apparition. Je réussis à rejoindre Julie et me pris un chocolat chaud tout comme elle ainsi qu'un pain au chocolat que le lycée vendait à chaque pause de 10h. Comme chaque jour, nous finîmes notre " p'tit déj' lycéen " au moment où la sonnerie sonna. Nous remontâmes alors en court chacune de son coté.

___Il était à présent 12h43, nous étions devant le self avec Julie, à faire la queue pour passer nos cartes en parlant de tout et de rien, mais surtout de Aaron. Je tentais vainement de lui faire comprendre que ses paroles ne me rassuraient pas. Au contraire, elles ne faisaient qu'augmenter mon anxiété.

_ Nan mais je suis sérieuse, c'est flippant.
_ Ça s'trouve, il en pince pour toi mais n'ose tout simplement pas te l'avouer. Ou alors, il s'est échappé d'un asile et tu es sa future victime.
_ Julie !
_ Désolé, c'est plus fort que moi.

___Le reste du repas se passa dans la bonne humeur. En ce moment même, Julie était en train de négocier avec un mec de sa classe qui lui demandait de lui faire sa dissert' sur Molière. Une fois fait, nous montâmes au premier étage où l'on avait toutes les deux cours pendant deux heures. Deux heures d'histoire pour elle, deux heures de SVT pour moi. Ensuite, j'avais fini. Ma journée était courte grâce à mon prof de sport qui avait eu la bonne idée de participer à une formation, ce qui m'arrangait énormément. J'étais une éternelle maladroite. En revanche, je devais attendre le bus de 16h45. Je trouverais bien à m'occuper.

_ Bon, on se voit à la récré quand même ?
_ Mais oui Juju.
_ T'as intérêt d'être devant c'te putain de porte ok ?
_ T'es vulgaire.
_ Je sais c'est da...

___Elle fut coupée par la sonnerie qui retentit une énième fois aujourd'hui. Elle me regarda avec un petit air triste. Deux heures d'histoire c'était long, même quand on aime ca. Je la pris dans mes bras et l'embrassai sur la joue.

_ A dans deux heures.
_ Je vais mourir.
_ Mais non Julie, tu me vois aprés.
_ Et si Monsieur bizzarerie réapparait, tu me raconte tout.
_ Oui maman !

___On rigola et chacune rentra dans sa salle. Je retrouvai Natasha qui ne m'avait pas l'air dans son assiette.

_ Bah alors, ca va pas ? dis-je en m'assayant.
_ Elle veut me faire la peau.
_ Marine ?
_ Ouais. Tu trouves ça idiot si je te dis que je balise un peu ? me demanda-t-elle, soucieuse, la voix trenblante.
_ Oui et non. Elle connait pas mal de monde mais, elle est pas assez intelligente pour faire du mal.
_ Quand elle est arrivée dans les chiottes ce midi, j'ai décampé.
_ Elle est devant nous en SVT non ?
_ Ouais, c'est pour ca que j'ai peur.
_ T'en fais pas, j'te protège.
_ Me voila rassurée.
_ Hey !

___Je lui donnai une petite tape sur l'épaule et on se mit à rire. Malheureusement, nous fûmes coupées par une alien. Ses yeux lancaient des éclairs. Je me sentis étrangement protectrice envers Natasha. Un sentiment que je n'avais éprouvé que pour Julie.

_ Tu vas morfler salope.
_ Fous nous la paix Marine.
_ Toi la coincée, j'tai rien demandé.
_ Elle non plus.
_ Te mets pas en tarvers de mon chemin et toi, p'tite pute...
_ Ta gueule Marine.
_ Pardon ?

___Je sentis mon coeur battre à une vitesse incroyable dans ma poitrine. C'était la première fois que je me disputais avec quelqu'un, sans compter mon frère ou mes parents. Et, j'avoue que Marine pouvait faire peur, elle connaissait tout le lycée. Tous les mecs étaient à ses ordres, la moitié des filles la vénérait. C'était un peu la reine des abeilles. Et s'attaquer à la reine revenait à s'en prendre à la ruche entière. Malgré tout, je ne ressentis rien d'autre qu'un immense sentiment de fierté. Elle ne rétorqua pas et se retourna pour faire face au tableau, faisant voler ses cheveux dont elle était si fière. Je me tournai vers Natasha qui me regardait avec des grands yeux, elle était aussi étonnée que moi. Elle ne put retenir un sourire.

_ Sarah ?
_ Oui moi non plus je n'en reviens pas.
_ Wouah, j'tai jamais vu aussi énervée. Ni même vulgaire.
_ Tu ne m'as jamais me battre contre mon frère.
_ Le pauvre.
_ Je ne dirais pas ca.

___Ce jour-là, M.Nachet nous avait donné un travail de groupe à réaliser avec son voisin de paillasse. Il nous avait distribué 4 feuilles et on devait les remplir à l'aide de notre cours et de notre livre. En plein milieu de la deuxième heure, Natasha tomba de son tabouret. Après l'avoir aidée à se relever, je jetai un regard noir à Marine qui s'était mise à rire instantanément après la chute de Natasha. Elle me regarda du haut de son tabouret avec les jambes croisées. Son voisin s'occupait de remplir les différents tableaux, seul. Il ne pouvait pas compter sur l'intelligence de sa voisine. Cette dernière envoya un baiser à Natasha qui venait de se cogner violemment le genoux par terre. J'aurais voulu sauter sur la table et la pousser de son tabouret à son tour. Je n'avais jamais autant haï une personne que cette pétasse blonde. Sans savoir comment, la pointe de ses cheveux prit feu et elle se mit à hurler. Avec Natasha, nous nous éloignâmes rapidement de la table. M.Nachet se jeta sur Marine avec son manteau afin d'étouffer les flammes. Toute la classe restait bouche bée et personne n'osait bouger. Personne sauf Aaron qui s'était rapproché de moi et me souffla à l'oreille :

_ C'est méchant ce que tu viens de faire. Tu devrais te contrôler.

___Je ne pus m'empêcher de le regarder dans les yeux, horrifiée. Oubliant les frissons que j'avais ressenti lorsque son souffle me chatouilla les oreilles. Il me regarda lui aussi. Ce qui m'inquiéta le plus fut son regard accusateur. Il ne se moquait pas de moi. Ce n'était pas une mauvaise blague, il était très sérieux.

_ Qu... que...
_ Vas-y ce soir.

___Je le questionnai du regard, ne comprenant pas où il voulait en venir.

_ A la librairie.
_ Allez avance c'est à nous.

___Il me caressa le bras d'un revers de main et repartit à sa table comme si de rien n'était. M.Nachet nous ordonna de ne pas bouger, et d'attendre qu'un surveillant nous autorise à sortir. Quant à lui, il emmena Marine à l'infirmerie. Tout se passa très vite, nous eûmes pas le temps de suivre la scène. Nous restions silencieuses avec Natasha alors que les autres ne cessaient de parler de l'accident qui s'était produit quelques minutes auparavant.

_ T'as vu les énormes flammes, c'était géant !
_ Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?
_ C'est un truc de fou, une meuf qui prend feu !

___Natasha se retourna vers moi et me demanda à son tour.

_ Tu sais ce qu'il s'est passé ?
_ Pas du tout. T'es tombé, j'tai relevée et elle s'est enflammée.
_ En plus, c'te salope m'a niqué le genoux.
_ Elle t'a poussée ou autre chose ?
_ Ouais, elle a tiré le tabouret sous la table avec son pied.
_ Je savais que c'était elle, mais je savais pas exactement ce qu'elle avait fait.
_ Ca fout les boules. Elle a pris feu quoi !

___Elle se mit à rire nerveusement et ses yeux s'embrumèrent. Je la pris dans mes bras et tentai. Je lui chuchotai des mots réconfortants " Tout va bien ", " Pleure ca va passer ". Quelques minutes plus tard, la directrice arriva.

_ Bonjour à tous. Vous êtes tous là ?
_ Ouais, on est tous la à faire un foot.

___C'était Alexandre qui avait répondu. Le pitre de la classe. Au moins, il avait réussi à nous faire rire. Ce qui ne s'était pas produit depuis l'incendie capillaire de Marine. En y repensant, elle l'avait bien mérité.

_ Merci de ton intervention Alexandre. Donc, je suis la pour vous informer de l'état de santé de Marine. D'aprés l'infirmière scolaire, elle est hors de danger. Mais, nous avons contacter les urgences, une ambulance ne devrait pas tarder. Vous êtes autorisés, expectionnellement, à quitter l'enceinte de l'établissement. Je vous revoie demain.
_ Au revoir Madame ! répondit l'ensemble de la classe.

___Les cahiers et les trousses furent jetés sans ménagement dans les sacs et tous les élèves se poussèrent pour sortir de la salle que nous ne pourrions plus regarder du même oeil. La directrice ferma la porte derrière nous et regagna son bureau. J'avais le désagréable impression qu'elle n'avait cessé de me fixer pendant son monologue. Aaron, la directrice. Mais qu'est-ce que j'avais à la fin ? Natasha me sortit une fois plus de mes pensées.

_ Tu fais quoi ?
_ J'attends Julie.
_ J'attends avec toi alors. Il reste qu'un quart d'heure de toute façon.
_ Ca va mieux ?
_ Ouais c'est passer. T'inquiète pas.

___Je lui souris et nous attendîmes donc, assises devant notre salle, que la sonnerie sonne. Ce qui na tarda pas à arriver, nous nous fîmes la bise avant de nous quitter. Julie me rejoignit et me demanda ce qui s'était passé. Ils avaient entendu hurler pendant l'heure précédente.

_ Les cheveux de Marine ont pris feu instantanément.
_ Quoi ?
_ Les cheveux de Ma...
_ C'est bon j'ai compris. T'es sérieuse ?
_ Oui.
_ Oh la vache !
_ Où ca ?
_ T'es pas drôle. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

___Je lui racontai donc en détail, la scène. L'engueulade, Natasha qui tombe, les cheveux de Marine qui prennent feu, l'intervention du prof, ainsi que la remarque qu'Aaron m'avait faite.

_ T'as raison, il est flippant.
_ D'un sens, je lui ai lancé un regard si mauvais que, enfin bon bref. Je vais y aller.
_ Ouais, j'te dis à demain.
_ Oui !

___Elle me prit dans ses bras, m'écrasant au passage. On rigola et je la laissai devant la porte des toilettes. Je quittai rapidement le lycée. Je pris la rue en face et marchai sans aucune direction précise. Peu à peu, je me rendis compte que je me trouvais dans la rue de l'hôpital et je repensais à ce que Aaron m'avait dit. Je laissai la curiosité l'emporter et me dirigeai vers cette librairie où Aaron désirait tellement que je me rende. Je soufflai un bon coup et entrai. Cette grande pièce remplie de bouquins anciens ne m'avait jamais rassuré. Je la balayai de mes yeux verts et m'avançai vers la bibliothèque la plus proche.

_ Bonjour mademoiselle.

___Je me retournai et arrêtai mon regard sur ce vieil homme tout fin, dont le crane était recouvert de cheveux blancs. Il portait une chemise mauve et un jean. Ce qui me parut étrange pour un homme de cet âge.

_ Oh mon dieu !
_ Je vous demande pardon ?

___Je le fixai suite à sa remarque. On aurait dit qu'il avait vu un fantôme.

_ C'est impossible !
_ Vous pouvez m'expliquer ? m'énervai-je.
_ Aaron avait raison, vous êtes son portrait craché.

# Posté le lundi 27 juillet 2009 17:04

Modifié le vendredi 21 août 2009 10:22

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Cнɑρiтяε 1___ _____Pɑятiε 2

__________________________
__________________________

Découverte 2eme partie

__________________________
__________________________


Ce qu'on veut faire, c'est en faisant qu'on le découvre.
Alain


_ Aaron avait raison, vous êtes son portrait craché.
_ Qu'est-ce que vient foutre Aaron ici ?
_ Quand il m'a dit qu'une jeune fille de sa classe était son portrait craché, je ne le croyais pas. J'avais vraiment perdu espoir vous savez.

___Il continua son monologue pendant plusieurs minutes, ne cessant de faire allusion à une femme dont j'étais le parfait sosie. Je le laissais parler sans comprendre ce qu'il disait. Sans même l'écouter. J'étais trop occupée à observer son visage se transformait. Ce n'était plus un fantôme qu'il voyait, mais une merveille tel un grand millésime, un joyau de la couronne d'Angleterre. J'avais l'impression qu'il voulait poser ses mains sur mon visage mais n'osait pas, par peur de m'abîmer. Je sortis soudainement de mes pensées qui devenaient un peu trop brumeuses.

_ Stop. Le portrait craché de qui ? Je comprends rien à ce que vous êtes en train de me raconter.
_ Je ta parle de la reine Salmavira bien sur. De votre lignée.
_ Qui ?
_ Vous ne ...
_ Elle ne connaît rien Louis.

___Je me retournai en sursaut vers cette voix que je commençais à connaître. Aaron. Il me suivait comme son ombre, tel un garde du corps. Il était nonchalamment appuyé contre une étagère. Ses yeux étaient fixés sur moi. Son sourire charmeur m'était destiné.

_ Bonjour Aaron, je croyais que tu ne pouvais pas venir ce soir.
_ Disons qu'il s'est passé certaines choses aujourd'hui qui m'ont obligé à ramener mes fesses ici, déclara-t-il posément.
_ Quel langage ! le réprimanda le libraire.

___Il avait bien insisté sur " certaines choses " en me fixant encore plus intensément. Il commençait réellement à m'énerver. Si ça l'amusait de me faire peur et de me faire passer pour une dingue.

_ Si tu fais allusion à Marine, je suis au regret de t'informer que je n'y suis pour rien.
_ Et ses cheveux se sont enflammés tout seuls ?

___Il était maintenant à quelques pas de moi, plus grand d'au moins dix ou douze centimètres. Son regard ne lâchait pas le mien tandis qu'il se rapprochait de plus en plus de moi. Au plus loin que remontaient mes souvenirs, je n'avais jamais été très à l'aise avec les garçons. Et, je trouvais qu'Aaron était bien trop proche de moi à cet instant. Je détournai la tête, gênée. Ma respiration se fit haletante. J'étais également énervée, pour lui j'avais volontairement enflammé les cheveux de Marine. Ce qui était physiquement impossible et qui ne m'avait jamais effleuré l'esprit.

_ Ça fait plus de deux ans que je te connais, je ne t'ai jamais répondre à quelqu'un.
_ Y'a un début à tout. lui répondis-je, admirant mes pieds, mais néanmoins troublée qu'il ait remarqué ce détail.
_ Tu utilises le feu toi aussi ?

___Je tournai la tête vers ce Louis, incrédule. Il me regardait émerveillé. J'avais l'impression d'être la septième merveille du monde à ses yeux. Écartant cette fichue couronne de ses pensées. Je ne comprenais toujours rien à ce qu'il racontait. Lui mais aussi Aaron. Utiliser le feu ? Moi aussi ? Je l'aurais su si j'avais un parent magicien. Et avec ma chance légendaire, ça n'aurait pas été les cheveux de Marine qui auraient flambaient, mais les miens.

_ Quel pessimiste, laissa échapper Aaron.
_ Je ne comprends rien à ce que vous racontez tous les deux ! Ce n'était pas ma faute. Je l'ai juste regardé méchamment et ... pouf.
_ Une personne sensée se serait barrer en courant, s'amusait Aaron.
_ Comment ça ?
_ Tu ne t'es pas éloignée du feu.
_ Oh que si, tu devrais t'acheter des lunettes.
_ Non, c'est Natacha qui t'a fait reculer. Tu ne t'en es pas rendue compte ?
_ Et bien, il faut croire que non, finis-je par avouer.
_ Donc c'est bien de ton feu qu'il est question.
_ Qu'est-ce que tu me veux ? lachai-je dépassée par ses âneries.
_ Je veux t'aider Sarah.
_ Tu ne m'aides absolument pas. J'm'en vais.
_ Non !

___Louis venait de crier son mécontentement. Je glissai en voulant me retourner. Le parquet de la libraire était en bois vernis, un bois très clair qui illuminait la pièce dont les murs étaient en revanche très foncés, ainsi que les bibliothèques. Aaron s'approcha de moi et m'aida à me relever, éttouffant son rire. Son regard qui était resté fixé sur moi commençait à me rendre nerveuse. Mais dés que je le croisais, je n'arrivais pas à m'en détacher. Ses yeux bleus magnifiques captaient toute mon attention. Tout ce qu'il y avait autour de venait flou.

_ Ne partez pas s'il vous plaît.
_ Alors expliquez moi ce que je fais ici, lui rétorquais-je, les yeux toujours dans ceux d'Aaron.
_ Suivez moi dans l'arrière boutique.

___Contre toute attente, ce fut Aaron qui lâcha mes yeux en premier. Habituellement, j'étais toujours la première à tourner la tête. Il me pris la main et m'incita à le suivre. Il avait la peau extremement douce ce qui me fit frissonner. Nous arrivâmes dans une grande pièce semblables à la précédente. Les même bibliothèques la meublaient, mais les livres qui s'y trouvaient étaient différents de ceux de la boutique. Il n'y avait pas de Zola, Balzac ou autres auteurs connus de tous, il n'y avait que des livres de mythologie, sorcellerie, magie et autres sciences occultes. Je me sentis trembler malgré moi. Aaron resserra ma main toujours dans la sienne ce qui n'arrangea en rien mon cas, de nouveaux frissons apparurent. Ceux-là n'étaient pas du à la crainte mais au fait qu'un mannequin blond aux yeux bleus tenait ma main dans la sienne. Oui, Aaron ressemblait aux mannequins que l'on trouve dans les magasines pour filles, j'étais bien obligée de l'avouer.

_ N'ais pas peur. C'est toujours ... bizarre la première fois, me rassura-t-il
_ D'accord.

___Je lui avais répondu si bas que je n'étais pas sure qu'il m'ait entendue. Mais vu son sourire réconfortant, j'en déduisis que oui. Le libraire m'invita à m'asseoir sur une chaise et posa un énorme livre devant moi. Il devait compter plus d'un millier de pages à première vue. La reliure autrefois marron avait viré au gris ayant subi les dommages du temps. Cette couleur cendrée faisait ressortir les lettres dorées gravées sur la couverture. Lettres qui m'étaient inconnues.

_ Ce livre date du Véme siècle avant Jésus Christ, quand Athénes était à son apogée.
_ Wouah ! Ce bouquin a plus de deux mille cinq cent ans ?
_ Laisse le finir, sinon il va tout recommencer depuis le début, me supplia Aaron.
_ Aaron, si c'est pour être désagréable, va bosser.
_ Non je reste là. Je suis bien.
_ Bien. Vois-tu Sarah, ce livre rallate l'histoire de ton peuple.
_ Mon peuple ?
_ Y sont aussi répertoriées tous tes sujets ainsi que les dons qu'ils ont ou possèdent encore aujourd'hui.
_ Des dons ?
_ Comme créer ou contrôler le feu, me répondit Aaron en souriant.
_ Oui entre autre. Mais il en existe une infinité. Certaines personnes n'ont pas conscience de ce qu'ils sont capables de faire.

___Je réfléchis un instant, les yeux rivés sur ce livre. Selon eux, je créerais et contrôlerais le feu ? C'était complètement idiot de penser ça ! Selon moi, le feu était un élément incontrôlable. Et ça n'allait pas être une gamine comme moi qui pourrait dompter des flammes. Mais au fond de moi, je savais qu'Aaron avait raison. Je n'avais pas quitté des yeux le feu, comme s'il m'avait attirée. Je repensai aussi à ma chaise et au sourire qu'Aaron m'avait lancé à ce moment là.

_ Déplacer des objets, ça compte comme un don ?
_ La télékinésie oui. Pourquoi, tu possèdes ce don également ? s'extasia le libraire.

___Je devais bien avouer une fois de plus que ma chaise avait bougé toute seule. A cette seconde, je croyais que je devenais folle. Mais avant de tirer quelconque conclusions, je préférais écouter le fin de son histoire.

_ Peut être.
_ Je vois. Ces personnes furent appelées plusieurs siècles plus tard des Chimères.
_ Pourquoi ?
_ Laisse le causer, j't'en prie, se plaignit Aaron.
_ Rappelle -toi ce que j'ai dit toi la-bas ! Ces personnes furent appelées des Chimères à l'arrivée de Salmavira. Elle fut élu reine car elle était la seule capable de contrôler les cinq éléments dont le feu qui était son favoris. Et, vous devez savoir que dans la mythologie grecque, les Chimères étaient des créatures qui crachaient du feu.
_ Non ...
_ Je vais devoir te ... enfin vous ..., commenca-t-il.
_ Vous pouvez me tutoyer.
_ Je vais devoir te remettre à niveau. Si tu me tutoies également.
_ Ok. Mais c'est quoi le rapport avec moi ? Tu es en train d'insinuer que ... je serais une Chimère ?
_ Je ne l'insinue pas, j'en suis sur.
_ Comment tu peux en être aussi sur ?

___Il ouvrit le livre qui était placé sur la table et me le plaça derechef sous les yeux. Sur la page de gauche, il y avait un texte écrit en une langue qui m'était alors inconnue mais que, pourtant, je parvins à déchiffrer. Il était écrit en haut de la page : Salmavira, reine du royaume de Flamarion durant le grand siècle des séparations. L'écriture était originale et soignée. L'encre utilisée scintillait sous la faible lumière de la pièce. Sur la page de droite, il y avait un portrait. En l'admirant, je compris enfin la réaction de Louis quand il m'avait vu débarqué quelques minutes plus tôt. Si ce portrait représentait cette Salmavira, il me représentait également. C'était effrayant. L'expression " portrait caché " me paraissait inapproprié. J'avais plutôt l'impression de découvrir que j'avais une soeur jumelle. Les mêmes cheveux bruns, légèrement ondulés. Ce même vert émeraude aux yeux. Un nez long et fin identique. La seule différence résidait dans son sourire. Le sien était confiant et plein d'audace contrairement au mien, timide et maladroit. Je délaissai ce portrait pour m'attarder au court texte qui se trouvait sur la page précédente. Je le lis sans y accorder la moindre attention. Seule la phrase finale me coupa le souffle.

Aujourd'hui la Reine nous quitté. Longue vie à la Reine des chimères qui a su faire de son peuple, un peuple fort et libre.

___Je relevai la tête vers Louis, perdue et totalement dépassée.

_ Tu as réussi à lire n'est-ce pas ?
_ Oui, murmurai-je.
_ Et tu as déjà lu du grec ?
_ Non.
_ Tu trouves ça complètement dingue ?
_ Oui.

___Je me relevai rapidement et m'apprêtai à partir quand Aaron se posta devant moi. Il emprisonna mes poignets dans ses mains et tenta de me rassurer.

_ J'ai eu du mal aussi au début.
_ Mais tu n'as pas ton portrait dans un livre, j'me trompe ?
_ Non c'est vrai. Mais je sais voler.
_ Pardon ?
_ Tu crées du feu, tu déplaces les objets, moi je vole et je lis dans les pensées.

___A l'entente de ses derniers mots, mon coeur rata un battement. Et si ... il lisait mes pensées à moi ?

_ T'en fais pas, je sais me tenir avec les jolies filles. Je ne lis pas dans les tiennes.
_ Et tu fais quoi là ?
_ C'était pour te prouver que ce n'était pas une blague.
_ J'ai toujours un peu de mal.

___Il me sourit et me serra contre lui en plaçant ses mains sous mes fesses ce qui me fit sursauter. J'aillai pour le repousser quand il me conseilla de le tenir. Ce que je fis, m'attendant au pire. Et quelques secondes plus tard, je me rendis compte que nos pieds ne touchaient plus le sol. J'aurais du paniquer mais ma raison me poussa à ne pas le faire. Je demandai tout simplement à Aaron qu'il me repose. Ce qu'il fit sans attendre.

_ Je pense qu'Aaron est en mesure de répondre aux questions que tu dois te poser. Repasse me voir si tu as le moindre problème.
_ Merci Louis.
_ Je peux te raccompagner ?
_ Pourquoi ?
_ Tu as louper ton bus de 16h30.
_ Toi aussi.
_ Je t'offre un tour en avion ?
_ Aaron ! Tu sais bien que personne ne doit être au courant, le reprit Louis.
_ Pourquoi ? demandai-je d'un voix innocente
_ Vous deviendrez des bêtes de foire. Je ne tiens pas à vous voir passer à la télé ou arrêter.
_ Ok. On va rentrer à pieds, déclarai-je sans hésitation.
_ Ouais. J'te suis. Salut Louis à demain !
_ A demain. Sois à l'heure !
_ Comme toujours, dit Aaron en rigolant.
_ Au revoir.
_ Au revoir Sarah.

___Je lui lançai un regard interrogateur, comment connaissait-il mon prénom ? Il me montra Aaron du doigt. Je lui souris et sortis de la librairie suivie de prés par le blondinet. Le trajet se passa en silence. Aucun de nous deux ne décida de prendre la parole. Il préférait sans doute me laisser digérer la nouvelle. Est-ce que je rêvais ? Ça ne pouvait pas être réel, je ne créais pas du feu et ne pratiquais pas la télékinésie. Impossible. C'était arrivé qu'une seule fois et c'était mon imagination qui m'avait joué des tours c'est tout. Mais au fond de moi, tout cela me semblait vrai. Après tout, j'étais tellement énervée contre Marine que, sans le vouloir, j'aurais déclenché un infime incendie. Puis cette satanée chaise qui reculait toujours toute seule pour que je m'assieds. Je me rappelais même avoir réussi à bouger mon lit sans le toucher. Une petite part de moi désirait que toute cette histoire soit vraie pour trouver des réponses plausibles à toutes mes interrogations. Mais contrôler le feu, c'était trop.

_ C'est bon j'suis folle ! dis-je en plaçant mes mains sur mon visage
_ C'est vrai qu'habituellement on appelle son père ou un déménageur.
_ Arrête ça !
_ C'est juste pour que tu te rendes compte que ce ne sont pas que des histoires qu'un vieux fou te raconte aidé d'un jeune mec sans histoire.
_ On ... naît avec ?
_ Oui pourquoi ?
_ Parce que ça explique beaucoup de choses en fait.
_ Comme ?
_ Comme le fait que quand je me réveille la porte est toujours ouverte alors que je la ferme tous les soirs ce dont je suis sure et certaine.
_ Putain c'est vachement utile en fait ton don.
_ Idiot !
_ Tu commences à y croire ?
_ Les cheveux de Marine ont pris feu d'une façon inexplicable, il faut bien que je me rende à l'évidence. Je suis pas normale.
_ Tu es normale. Juste une Chimère.
_ Tu n'as jamais provoqué d'accident en enflammant les cheveux de quelqu'un !

___Après cette dernière phrase, je me mis à accélérer. C'était effrayant ! Je ne pouvais pas supporter cette idée. Je pourrais déclencher un incendie chez moi en me disputant avec mes parents. Rien que d'imaginer le désastre que ce serait, j'en frissonnais. J'entendis Aaron accélérer à son tour pour finir par se placer devant moi et placer ses mains sur mon visage, l'encadrant.

_ Elle t'a cherché tu t'es défendue c'est tout ! Je sais que c'est dur, mais tu n'es pas la seule à être perdue.

___Il me regarda de ses yeux bleus en me souriant avec toute la compassion dont il était en mesure de faire preuve.

_ Puis elle en est pas morte.
_ Tes dons ne tuent pas à toi.
_ Malheureusement si, objecta-t-il, un sourire crispé. Je suis capable de faire voler les autres aussi et de les lâcher au milieu de la mer. Enfin quand je suis extrêmement bien concentré sur mon objectif. Et tu peux rendre quelqu'un complètement parano à lire ses pensées.

___Il dit cette dernière phrase en rigolant. Je ne voyais pas vraiment ce qui était drôle mais je me laissai aller à rire avec lui. La situation me dépassait, j'avais besoin de décompresser. Aaron passa son bras autour de mes épaules et nous continuâmes notre chemin jusqu'à notre petit quartier où les maisons étaient toutes identiques - seule la couleur des volets permettaient de les différencier. Nous traversâmes le parc de la ville où se retrouvaient plus de la moitié des lycéens après les cours. Certaines têtes se retournèrent à notre passage. Puis, après une dizaine de minutes, nous débouchâmes sur notre rue. La troisième maison à droite était la mienne. Je me retournai et m'aperçus qu'Aaron avait laissé son bras autour de mes épaules durant le reste du trajet. Il le retira et m'adressa un dernier sourire.

_ On se voit demain
_ J'imagine que je n'ai pas le choix. Tu vas me surveiller d'encore plus près maintenant ?
_ Je ne te surveille pas ! s'indigna-t-il. Ni pense plus et couche toi tôt. C'est un conseil après tu fais ce que tu veux.
_ Merci.
_ Maintenant que t'en a pris conscience, la vie va être plus ... drôle, tu verras.
_ Dis Aaron ?
_ Ouais ?
_ Depuis combien de tu ... tu le sais ?
_ Deux ans. Depuis le lycée. C'est Louis qui m'a aidé, déclara-t-il avec un drôle de ton.
_ Et pourquoi t'as attendu aujourd'hui pour me faire ... prendre conscience de mes dons ?
_ Après des tonnes de recherche, Louis s'est rendu compte que Salmavira est devenue reine à cette époque de l'année. Louis m'a demandé d'attendre pour revivre l'histoire. Et je l'ai bien senti ce matin alors voila.
_ Revivre l'histoire ?
_ On verra ça demain.
_ T'es pressé de rentrer ?
_ Pourquoi ? me demanda-t-il, son sourire de nouveau présent.
_ J'ai encore quelques questions et ... on fait concon devant la porte.
_ Je suis d'accord. J'te suis.

___J'ouvris la porte et entrai suivie d'Aaron. Nous débouchâmes dans l'entrée où nous déposâmes nos sacs, nos chaussures ainsi que nos vestes.

_ C'est toi ma chérie ? cria une voix à travers le rez de chaussée
_ T'es pas obligée d'hurler maman ! dis-je en entrant dans la cuisine où ma mère s'affairait à préparer le dîner.
_ Vous rentrez tard jeune fille ! me lança-t-elle en se retournant
_ Oui. J'te pré...
_ Bonjour Aaron, me coupa-t-elle.
_ Bonjour Sylvie.

___J'avais oublié que ma mère et celle d'Aaron étaient amies. Aaron habitait quatre maisons plus loin. Autant dire qu'une vingtaine de pas nous séparait. Je n'imaginais que trop bien les intentions de ma mère et ses sous-entendu.

_ Je ne savais pas que vous étiez amis, déclara ma mère le sourire aux lèvres.
_ Une très longue histoire.

___J'attrapai rapidement la main d'Aaron et l'entraînai à l'étage, préférant ignorer le clin d'oeil de ma mère. Nous entrâmes dans la chambre essoufflés d'avoir couru dans les escaliers. La porte claqua et Aaron se mit à rire.

_ Comment t'as fait pour ne jamais te poser de questions ?
_ C'est une très bonne question.
_ J'imaginais pas ta chambre comme ça.

___Il se mit à marcher et à examiner la pièce. Ma chambre était blanche avec des stickers collés au mur, quelques cadres et une immense planche couverte de photos en tout genre. Elle n'était pas très grande, j'avais juste un lit, une table de chevet, une bureau avec plusieurs étagères et mon armoire. Mais j'étais assez fière de ma disposition des meubles et de ma décoration. Ma fenêtre, qui illuminait agréablement la pièce, se trouvait à coté de mon bureau recouvert de magasine et de feuilles volantes. Je n'avais pas eu le temps de ranger cette semaine.

_ J'aime bien.
_ Merci.
_ Pourquoi t'es partie si vite de la cuisine ?
_ C'est la première fois que je ... que je ramène un mec à la maison.
_ Et ?
_ Et c'est tout !
_ T'énerve pas ma belle ! J'aime bien t'embêter.

___Ma belle ? Décidément cette journée battait tous les records. Aaron me sourit en voyant mon air gênée. J'étais sûrement rouge comme une tomate. Il s'allongea sur mon lit et tapota le drap pour me faire comprendre que je devais le rejoindre. Ce que je fis. Je m'allongeai à coté de lui les bras croisés sur le ventre et les pieds au-dessus du vide. Il tourna la tête vers moi et me dit :

_ T'avais des questions il me semble ?
_ Oui, dis-je d'une toute petite voix en tournant ma tête vers lui à mon tour.
_ Je t'écoute.
_ Est-ce que ... mes parents et mon frère la savent ?
_ Peut-être. Ils peuvent être au courant de l'existence des Chimères.
_ Non, je crois pas. C'est pas un truc de famille ?
_ Si. C'est héréditaire. Il y a forcément un de tes ancêtres qui a été une Chimère. Toute ta famille, tes parents et ton frère, porte le gène mais il se peut qu'il ne soit pas être exprimé.
_ Y'en a beaucoup ... des Chimères ?
_ Plus qu'on ne le croit.
_ Ça te fait rien à toi ?
_ Au début, j'y croyais pas du tout. Je crois même que j'ai été pire que toi. Je trouve que tu l'as plutôt bien pris.
_ C'est vrai. Ça me rassure de me dire que je suis pas si folle que ça en croyant qu'un fantôme claque ma porte. Et, je sais pas. J'ai l'impression qu'au fond de moi, j'le savais.
_ Ouais. Moi je l'ai pas cru jusqu'au jour où j'ai lu dans les pensées d'la prof de maths. La, j'étais fixé.
_ Ça doit être utile ton don aussi.
_ Sauf quand tu entends des choses pas très agréables à ton sujet, me répondit-il avec une pointe de reproche dans la voix.
_ Je comprends mieux pourquoi j'te trouvais bizarre alors qu'en fait, tu l'es pas tant que ça, tu l'es autant que moi, lui rétorquai-je avec l'espoir qu'il me pardonnerait ce que j'avais pu penser de lui.
_ Quand j'ai vu pour la première fois le portrait de la reine dans le livre de Louis, j'ai été ... choqué. Et c'est ce qui a fait que je t'ai toujours surveillé du coin de l'oeil.
_ J'avais raison alors. Tu me surveilles.
_ Oui mais c'est Louis qui me l'a demandé.
_ Il a été choqué lui aussi tout à l'heure.
_ J'ai vu ça.
_ Tu m'as suivie ?
_ Oui.

___Je lui fis les gros yeux. Il dégageait une telle assurance que ce soit dans ses actes ou dans ses paroles. Il porta sa main à ma joue pour la caresser doucement.

_ Et tu me dis ça comme ça ?
_ J'te l'ai dit, j'aime bien t'embêter.
_ Quelqu'un est au courant pour toi ?
_ Ma cousine.
_ Et elle l'a bien pris ?
_ Oui, heureusement, c'est une Chimère elle aussi. T'as encore des questions ?
_ Non, je crois que je vais arrêter de me prendre la tête pour ce soir.
_ C'est une bonne résolution. Je soupirai.
_ J'te dit à demain alors.
_ A demain.

___Il se rapprocha de moi et me déposa un baiser dans le cou qui me fit frissonner. Ensuite, il se releva et me lança avant de franchir la porte :

_ J'te prends devant chez toi demain matin à 7h30, sois prête.

___Il referma la porte derrière lui sans me laisser le temps de répondre. Je descendis à mon tour pour prendre mon sac et remontai rapidement faire mes devoirs. Alors que je planchais sur un sujet de philo à rendre dans une semaine, mon frère fit son entrée dans ma chambre.

_ Depuis quand tu traînes avec Aaron ?
_ Quelques temps, pourquoi ?
_ J'aime pas ça du tout.

___A l'entente de sa phrase, mon coeur fit un bon. Mathieu savait-il qu'Aaron est une Chimère ? Comment ?

_ Pourquoi ça ?
_ Laisse tomber. C'est trop tard j'imagine.
_ Je ferais attention à ne pas me faire violer si tu veux, répliquai-je plus pour me rassurer moi qu'autre chose.
_ Très drôle !

___Il ressortit en prenant soin de fermer la porte. Mon frère connaissait-il l'existence des Chimères ? Si c'était le cas, il ne les aimait pas beaucoup. Peut-être était-il au courant pour moi. Je préférais croire qu'il s'inquiétait juste pour moi. Ça me faisait toujours rire cette habitude qu'il avait de m'engueuler tout en veillant sur moi. Je finis ce que j'avais commencé, c'est à dire mon brouillon de dissert' et descendis rejoindre mes parents.

_ Tu tombes bien, j'allais t'appeler pour manger, me déclara gaiement ma mère

___Je lui souris et m'installai à ma place. Mon frère arriva quelques minutes plus tard et nous mangeâmes en se racontant nos journées respectives. Je redoutai le moment où ce serait mon tour. Devais-je leur raconter l'accident de Marine ?

_ Et toi ma chérie, ta journée ?
_ Une fille a pris feu en cours de SVT.
_ Oh mon dieu ! s'exclamèrent mes parents, plus touchés que je ne m'y attendais.

___Je leur racontais le déroulement de l'accident. Mon frère me regardait bizarrement. Je commençai vraiment à avoir peur. Il devait savoir quelque chose, mais j'ignorai encore quoi. Le reste du repas me sembla normal et j'aidai ma mère à débarrasser. Ensuite, nous nous installâmes devant la télé. Pour le plus grand plaisir de mes parents, un film policier passait sur la première chaîne. Comme si ils n'en voyaient pas assez. A la fin de l'épisode, je souhaitai la bonne nuit à tout le monde, les embrassai et montai à l'étage, direction la salle de bain pour me changer. En sortant, je passai devant le chambre de mon frère. Et ce que j'entendis me fit froid dans le dos.

_ Si j'te l'dis ... Mais c'est ma soeur pourquoi elle ? Putain ils pouvaient pas choisir quelqu'un d'autre ? Non, faut qu'elle lui ressemble et qu'elle ... Le feu d'après ce que j'ai compris ... Ouais je sais ... T"inquiètes j'ai su gérer moi elle y arrivera ... Ouais salut à Samedi.

___Je l'entendis se lever et je courus vers ma chambre. La porte s'ouvrit et se referma après que je sois entrée. Je m'adossai à cette dernière et respirai un grand coup. Il fallait que j'aie une conversation avec mon frère le lendemain. Je collai mon oreille à mur que nous avions en commun et l'entendis allumer sa console et ouvrir la fenêtre. J'allais être obligé de le réveiller demain si je voulais lui parler. Je fis mon sac pour le lendemain et me couchai, la tête remplie de questions et de souvenirs de cette journée assez particulière.

# Posté le mercredi 29 juillet 2009 12:22

Modifié le mercredi 16 septembre 2009 17:42

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Cнɑρiтяε 2___ _____Pɑятiε 1

__________________________
__________________________

Débuts difficiles 1ere partie

__________________________
__________________________




___Mon réveil sonnait depuis quelques minutes déjà. Mes volets étaient ouverts, un magnifique vendredi s'annonçait. J'avais hâte d'être en week-end. Je ne savais absolument pas de quelle manière j'allais l'occuper mais rien que l'idée de ne pas être obligée de me rendre au lycée me donnait du bôme au coeur. Je me levai, pris, au hasard, un jean et un tee-shirt dans mon armoire, attrapai au vol des sous-vêtements qui traînaient sur la chaise de mon bureau - ma mère devait les avoir déposer hier alors que je dormais à point fermé - et filai sous la douche. Je fis une halte devant le lavabo avant de retourner dans ma chambre et me regardai mon reflet dans le miroir. Je n'avais pas changé depuis hier. Toujours le même visage, les mêmes cernes sous les mêmes yeux verts entourés par les mêmes cheveux bruns. Je compris alors que j'avais toujours su que j'étais différente sans vraiment identifier la source de ce sentiment. Je commençai à avoir peur. Je créais du feu et je déplaçais des objets, ça me foutait vraiment la frousse. Et la discussion téléphonique que mon frère avait eu la veille me tracassait. Nos rapports étaient déjà tendus et je n'avais vraiment pas envie qu'il me déteste encore plus à cause de dons que je n'avais pas désiré.
___Après avoir passé une demi-heure dans la salle de bain, j'en sortis enfin et me dirigeai directement vers la chambre de mon frère. J'angoissais un peu mais toccé tout de même à la porte. Je fus surprise d'entendre mon frère me dire d'entrer. Ce qui signifiait qu'il était réveillé. Je rentrai et refermai la porte derrière moi évitant de faire du bruit. Je m'adossai à cette dernière - décidément - et le regardai. Il était en train de faire son sac pour la fac. Il ne m'adressa pas un regard. Cette atmosphère devint pesante, j'entamai alors la discussion.

_ T'es déjà debout ?
_ T'es médium on dirait.
_ Si j'te dérange, je m'en vais, je commençai à ouvrir la porte.
_ Qu'est-ce que tu me veux ? cracha-t-il.
_ T'étais avec qui au téléphone hier ?, je me retournai vers lui et le fixai avec des yeux noirs. Il n'était pas obligé de me parler aussi méchamment.
_ Pourquoi tu me demandes ça ?
_ Je t'ai entendu.
_ T'as écouté ma conversation ?, il commençait à perdre son calme.
_ Ça me regarde aussi, tu crois pas ?
_ T'aurais jamais du.
_ Jamais du quoi ?
_ Le savoir.
_ Comment t'es au courant ?
_ On en parlera ce soir.
_ Mathieu, comment t'es au courant ?
_ Aaron.
_ Je croyais que tu l'aimais pas.
_ C'est totalement faux.
_ Alors pourquoi ça t'inquiète que je traîne avec lui ?
_ J'aurais voulu que t'ignores tes dons.
_ Alors, tu sais que les ... les Chimères existent ?
_ Je suis une Chimère Sarah !

___Je tentais de parler mais aucun son ne sortait de ma bouche. Je m'attendais à tout ou plutôt au pire, mais sûrement pas à ça. Je restais donc muette alors que mon frère reprenait son activité - qui était de faire son sac. Sans que je m'y attende, il s'approcha de moi et me serra dans ses bras. Je ne compris pas réellement la signification de son geste mais je répondis à son étreinte. Puis, il me dit à l'oreille :

_ J'aurais préféré que tu ne l'apprennes jamais. Je voulais te protéger, mais j'ai échoué.
_ Ce n'est pas si grave. Si ? lui demandai-je en me séparant de ses bras.
_ C'est plus dangereux que tu ne l'imagines. Il existe des clans parmi les Chimères. Et certains clans ne sont pas comme le notre. Avec Aaron et les autres, on fait tout pour que les rancoeurs, les oppositions disparaissent. Mais toi, je ne veux pas que tu risques ta vie.
_ Tu le sais pour Aaron aussi ?
_ Je te l'ai dit, on est tout un groupe. J'te les présenterai ce soir maintenant que ... tu fais partie des nôtres, grimaca-t-il. Bon, ils vont faire une drôle de tête en te voyant mais c'est la vie.
_ Pourq... à cause du portrait ? Ils l'ont vu aussi ?
_ On l'a tous vu. Comment j'aurais su que tu étais une Chimère sinon ?
_ Et tu n'as jamais cru bon de m'en informer ?
_ Je voulais te protéger, t'as pas saisi ? C'est vrai que t'as sûrement pas besoin de moi d'après Aaron, mais t'es ma petite soeur.
_ Qu'est-ce qu'il t'a dit Aaron ?
_ Il m'a appelé après l'accident de votre cours de SVT. J'ai eu le droit à tous les détails.
_ C'était pas ma faute, je voulais pas qu'elle ... que ses cheveux ils ... J'voulais pas ! tentai-je de me défendre.
_ Je sais. Je t'imagine mal provoquer un incendie volontairement ! rigola-t-il en me prenant une nouvelle fois dans ses bras.
_ Je contrôle rien. Le feu il ... pouf ! Et tu vois, j'ai peur d'en provoquer un incendie comme tu dis !
_ On t'apprendra nous tous à te servir de ton don. Te plains pas certains en possède plusieurs.
_ Moi aussi, chuchottai-je. Je ... déplace les objets.
_ Misère !
_ Mais c'est moins dangereux, et je gère à peu prés.
_ A peu prés ?
_ T'as raison, on verra ça ce soir.
_ Allez viens, on va déjeuner.

___Mon frère m'attrapa la main et m'entraîna derrière lui vers la porte. Mais, avant qu'il ne l'atteigne, celle-ci s'ouvrit. Il se retourna et me fit les gros yeux avant de partir dans un fou rire. Je le suivis dans ce dernier et nous descendîmes à la cuisine une fois calmés.

_ Vous deux, en parfaite harmonie dés sept heures du matin ? s'étonna ma mère quand nous fîmes notre entrée dans la pièce.
_ Ca t'embouche un coin n'est-ce pas ? la taquina mon frère.
_ Je vous avoue que oui. Je suis agréablement surprise. Mais je préfère cela à vos disputes matinales.

___Nous l'embrassâmes tous les deux en guise de bonjour avant de prendre place devant nos bols respectifs. Ma mère nous préparait toujours le petit déjeuné pour qu'on ne perde pas de temps le matin. Nous nous bagarrâmes pour attraper les premières tartines. Je gagnai la première manche à l'aide d'un petit coup de pouce. Mon père nous rejoignit cinq minutes plus tard et ce fut en famille que nous terminions notre premier repas de la journée. Je sortis de la maison en compagnie de mon frère. Aaron était devant le portail. Il nous sourit quand il nous vit arriver tous les deux en rigolant de la réflexion que mon frère venait de sortir à ma mère avant de fermer la porte. Je ne pus m'empêcher de le trouver beau avec ses yeux bleus clairs et ses cheveux blonds coiffés n'importe comment sur son crane. D'ailleurs, au moment même où cette pensée me traversa l'esprit, son sourire s'agrandit et il se mit à me fixer, le regard aguicheur. Je me sentis rougir. Mais cette fois-ci, sans savoir pourquoi, je ne me laissai pas faire.

_ Arrête ça toute suite ! lancai-je à son égard.
_ C'est plus fort que moi ! Quand tu me fixes, je suis obligé ! se défendit-il.
_ Dis moi tout Aaron, elle pensait à quoi ?
_ Non tais-toi ! le suppliai-je.
_ Désolé Mat', c'est classé secret défense.
_ Faux frère ! Espèce de traître, tu me le dis d'habitude.
_ D'habitude, c'est pas ta soeur.
_ Bon, on va peut être y aller Aaron ?
_ Ouais t'as raison on va louper le bus sinon.
_ Et ma voiture qui m'attend, gentillement garée devant la maison. Triste vie, se moqua mon grand bétinet de frère.
_ Je pourrais être plus rapide en imitant Superman, si je voulais.
_ Mais tu ne peux pas, quel dommage !
_ Salop ! Tu viens Sarah ?
_ Oui, lui dis-je en le rejoignant.
_ Au fait, Mat', tu viens ce soir ?
_ Ouais, je vais présenter le groupe à Sarah.
_ Intéressant, déclara-t-il en me fixant de ce regard dont lui seul à le secret.
_ Arrête !
_ T'as raison, je pourrais m'enflammer.
_ Et tu trouves ça drôle ? me défendit Mathieu
_ Okay, j'arrête. A ce soir Mat'. Sarah, va falloir courir.
_ J-

___JIl ne me laissa pas le temps de finir ma phrase, nous étions déjà en train de courir dans l'espoir de ne pas rater le bus. Nous arrivâmes à l'arrêt essoufflés après notre course folle. Mes pensées allaient vers Marine qui aurait du être là elle aussi, à attendre patiemment que le bus daigne arriver. Le plus ennuyeux était que j'étais la seule fautive. Son absence était due à un total manque de contrôle de ma part. Mes peurs resurgirent. Si je n'avais pas réussi à me contrôler hier, pourquoi y arriverais-je aujourd'hui ? Cette question me hantait. Si jamais je m'énervais contre une personne à laquelle je tenais, que cette personne se retrouvait elle aussi à l'hôpital, je m'en voudrais énormément.

_ On t'aidera à contrôler tes dons. T'en fais pas.

___La voix d'Aaron me fit revenir sur Terre. Il me regarda de ses yeux bienveillants et de son sourire réconfortant. C'était peut-être stupide mais je me disais que sa présence me rassurait alors que je ne le connaissait réellement que depuis une journée. C'était la première fois que l'on s'était adressé la parole. Mais je l'appréciais de plus en plus de minute en minute. Le bus choisit le moment où j'allais remercier Aaron pour se stopper devant nous. Nous montâmes à l'intérieur et nous asseyions l'un à coté de l'autre. Aaron enfila ses écouteurs et je fis de même en sortant mon i-pod de mon sac. Inconsciemment, je posai ma tête sur son épaule et fermai les yeux. Son bras passa autour de mon cou et je sentis sa main caresser ma joue ce qui eut l'avantage de me détendre. Je ne comprenais pas vraiment ce qui me poussait à lui faire si facilement confiance mais sa présence m'était devenue indispensable. Peut-être parce qu'il connaissait mon secret et qu'il le partageait. Le fait que se soit un ami de mon frère aussi, sûrement. Puis, on était dans la même classe alors je le connaissais tout de même un minimum.
___Je n'arrivai toujours pas à réaliser ce que j'étais. Ce qu'était Aaron. Ce qu'était mon frère. Mon propre frère que je pensais connaître. Mais de me dire que je n'étais pas la seule de la famille à être différente me soulageait. Je comprenais enfin pourquoi mon frère avait été si distant avec moi. Il redoutait ce moment depuis bien longtemps. Et il n'avait pu le retarder plus.
___Nous arrivâmes rapidement au lycée. Je ne vis pas Julie devant la grille. Je décidai de l'attendre et Aaron préféra rester avec moi plutôt que de rejoindre ses amis. Malgré tout, la sonnerie retentit et je n'avais aucun signe de vie de ma meilleure amie. Elle devait prendre plus tard exceptionnellement et n'avait pas eu le temps de me prévenir. Je montai donc en cours en compagnie d'Aaron. Arrivés devant la salle, il me demanda de l'attendre à 10h. Je ne pus qu'accepter sa demande. Il me sourit, m'embrassa la tempe et rentra dans la salle. Je le suivis après avoir repris mes esprits. Je devais m'y habituer apparemment. Natasha arriva quelques secondes plus tard et s'installa à mes côtés en me lançant un regard accusateur.

_ Tu m'avais caché ça !
_ Salut Nat'. Oui ça va et toi ?
_ On s'en fout.
_ Caché quoi ?
_ Toi et Aaron, dit-elle en levant les yeux au ciel comme ci c'était une évidence
_ Y'a rien entre nous, c'est un ami point barre.
_ Dommage, il est plutôt pas mal.
_ Ça c'est sur !
_ Il n'y a rien pour le moment. Tu verras c'est juste une question de temps, sortit-elle fière d'elle.
_ Bonjour à tous !

___La voix de notre prof de Physique m'empêcha de lui répondre. Natasha se mit à rire devant ma tête crispée suite à l'intervention de la prof. Je réussis à apercevoir le clin d'oeil d'Aaron qui m'assurait qu'il avait suivi la conversation grâce à nos pensées. Je me rendis compte alors que j'avais avoué qu'il me plaisait. Je n'avais pas fini de l'entendre !

_ Tout d'abord, on m'a chargé de vous informer sur l'état de santé de votre camarade Marine. Sachez qu'elle va bien. Elle a eu beaucoup de chance, ses brûlures ne sont que superficielles et sa vie hors de danger.

___Pendant son discours, j'avais perdu mon sourire. Je tournai la tête en direction d'Aaron. Ce dernier me fixait, il me rassura de ce magnifique sourire dont il avait le secret. J'entendis la voix de Natacha me répéter " une question de temps ". Je rigolai doucement et reportai mon attention sur la prof qui venait de commencer son cours.
___La sonnerie me sortit enfin de cet enfer, je quittai mon cours d'anglais soulagée et attendis Aaron devant la porte. Nous descendîmes tous les deux à la machine à café. Je ne fus pas étonnée d'y trouver Julie avec un pain au chocolat entre les mains qu'elle me tendis une fois que je fus arrivée à sa hauteur.

_ Pour m'excuser de ne pas t'avoir prévenue que je prenais une heure plus tard.
_ Et mon chocolat ? lui réclamai-je.
_ T'es pas la reine d'Angleterre non plus !
_ Ouais, j'te pardonne. Mais c'est parce que je t'aime, on est d'accord ?
_ Moi aussi je t'aime. Salut Aaron.
_ Salut, lui répondit l'intéressé.
_ Tu la quittes plus ma Sarah.
_ En effet, j'arrive plus à m'en décoller.

___Je tournai la tête vers Julie et lui fis des gros yeux. Elle rigola devant ma mine gênée et continua de parler avec Aaron pendant que je m'occupais du cas de mon pain au chocolat et de ma boisson chaude. La sonnerie fut une nouvelle fois au rendez-vous et nous obligea à retourner en cours. Le lycée me pesait de plus en plus. Je n'avais qu'une hâte, que se soit terminée.
___A l'heure de midi, je retrouvai Julie devant les casiers et nous partîmes manger en compagnie d'Aaron, qui n'avait toujours pas décidé de me laisser vivre ma vie. Il s'entendait très bien avec Julie qui n'arrêtait pas de faire des sous-entendus sur une possible relation entre nous. Je n'arrivais pas à savoir si c'était ce qu'elle voulait ou, si c'était seulement pour s'amuser. Je ne me plaignis pas. J'écoutais leur conversation et apprenais à connaître Aaron. Ou du moins, sa deuxième moitié, celle où étaient exclus nos dons et notre statut de Chimère. Je me rendis compte que je me trompais à son sujet. Je le pensais solitaire et renfermé alors qu'il était extraverti et populaire. J'étais à l'opposé de la vérité - mais je n'avais jamais cherché à en savoir plus, il faut l'avouer. Je le voyais souvent seul, j'en avais alors tiré mes conclusions. Mais en réalité, la moitié du lycée l'adorait et il avait une ribambelle de connaissance en dehors. Il faisait partit de l'équipe de foot du lycée - chose que je n'aurais jamais imaginé pour ne pas mentir. Il nous avait d'ailleurs invité à venir assisté à son match du lendemain. J'avais bien sur accepté mais Julie préféra prétexter un rendez-vous. Je ne la crus pas le moins du monde. Si elle avait eu un quelconque rendez-vous, je l'aurais su depuis longtemps.
___Ce ne fut qu'en cours d'histoire qu'Aaron - il s'était installé à côté de moi - me révéla la raison qu'il le poussait à rester loin des autres : ses dons. Lire dans les pensées des gens s'avérait plus contraignant que je l'aurais imaginé. L'après-midi passa à vitesse grand V. Nous terminâmes tôt tous les trois. Julie rentra, sa mère étant venue la chercher. Avec Aaron, nous décidâmes de passer à la librairie. Durant le trajet, Aaron n'avait pas cessé de parler, de tout et de rien, ce qui m'avait énormément fait rire. On avait marché l'un contre l'autre, son bras autour de mes épaules. Je commençai à croire qu'il s'attachait lui aussi à moi. On arriva à la librairie plus vite que je ne l'aurais voulu et entrâmes. La voix d'Aaron résonna dans la pièce.

_ Louis, t'as de la visite !
_ Je suis derrière Aaron, nous cria une voix lointaine.

___Aaron attrapa ma main et me fit traverser la librairie. Nous fûmes de retour dans cette arrière salle où j'avais appris la vérité sur ma véritable existence. Louis était en haut d'un escabeau, sûrement en train de chercher un livre. Il nous fit un rapide signe auquel nous répondions et retourna à ses fouilles tout en nous parlant. Ma main était toujours dans celle d'Aaron.

_ Je pensais justement à toi Sarah.
_ Et en quel honneur ? lui demandai-je
_ Je cherche un livre où sont répertoriés la plupart des dons que tu seras amenée à rencontrer durant ta mission.
_ Ma mission ?
_ Ramener la paix parmi les Chimères. Cette guerre stupide n'a pas lieu d'être et tu es la seule capable de réussir ...
_ Attend, je suis plus là. Quelle guerre ?
_ C'est vrai, je n'ai pas eu le temps de te le dire hier. Je t'explique et on va au repère.
_ Au repère ?
_ On se réunit tous dans une vielle ferme avec Louis et le reste du groupe, m'apprit Aaron
_ Je commence vraiment à avoir peur là, dis-je en le regardant dans les yeux.

___Je sentis la main d'Aaron se resserrer autour de la mienne la caressant doucement de son pouce. Sa deuxième main quant à elle, caressa lentement ma joue et partit se perdre dans mes cheveux. Mes yeux se noyèrent dans les siens. Il me lâcha la main et me prit dans ses bras, m'embrassant le sommet de la tête. Je me laissais dans cette étreinte. J'oubliais tout. Mes doutes. Mes peurs. Cette histoire de guerre. De mission. Mais la voix de Louis brisa ce moment de tendresse.

_ Je l'ai ! déclara-t-il en descendant de son escabeau.
_ Je veux savoir de quelle guerre tu parles !
_ Assied-toi.

___Je lâchai la main d'Aaron à contre coeur et obéis. Louis et Aaron s'assirent à leur tour.

_ Tu te souviens, je t'ai dit que Salmavira avait été élu reine de Flamarion.
_ Oui.
_ La reine Salmavira ne faisait pas l'unanimité au sein des Chimères. L'un de ses proches la jugeait trop jeune pour régner. Il s'est rebellé, certains l'ont suivit. Ils en ont fait leur chef. A partir de ce moment, les rebelles sont entrés en guerre avec Salmavira et ses troupes. Ils voulaient la détrôner et qu'un conseil, composé des Chimères les plus expérimentées, prenne sa place pour diriger l'île. Cette guerre dure depuis 4 millénaires, et il est temps qu'elle cesse. Dans les livres, il est dit qu'un jour, une Chimère fera son apparition, elle sera une descendante de la reine, son sosie parfait et que ce sera son rôle de mettre fin à cette guerre, l'élue plus ou moins. Et l'élue, c'est toi Sarah.
_ Je veux bien le croire mais j'ai rien demandé moi. J'ai pas demandé à être une Chimère et encore moins votre élue !
_ Sarah, t'es la seule qui peut nous aider. On a pas choisit nous non plus mais on vit avec. Tu peux pas nous laisser tomber depuis le temps qu'on attend, me supplia Aaron.
_ J'en ai marre.

___Ma tête tomba lourdement sur mes bras posés sur la table. Je soupirais fortement et retenais vainement mes larmes - mes yeux me piquaient terriblement. J'avais l'impression de devenir folle. Je devais rêver, il n'y avait pas d'autres possibilités. Peut-être, étais-je victime d'un piège télévisé ? J'étais d'accord d'avoir des dons de toute façon, je ne pouvais pas - ou plutôt plus - le nier. Mais de là à participer à une guerre dont j'ignorais l'existence quelques minutes auparavant, j'étais beaucoup moins d'accord. Une main se faufila dans ma crinière emmêlée, je devinai que c'était Aaron. Lui non plus n'avait rien demander. C'est la vie comme on dit.

_ Ouais, c'est la vie, rigola Aaron qui avait posé sa tête sur la mienne.
_ J'aime pas quand tu fais ça !
_ Tes pensées me font toujours marrer.
_ Écoute Sarah, commença Louis, je suis conscient que je te demande beaucoup mais je ne suis pas le seul. Des centaines de personnes comptent sur toi. Tu es la seule capable de les sortir de là.
_ Pourquoi ? Mis à part le fait que je ressemble à l'autre cruche j'ai rien d'exceptionnel.
_ Tes dons vont ... se décupler.
_ Se décupler ? Mais je vais foutre le feu à la baraque !

___Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Mes larmes se mirent à couler à flots tandis que Louis et Aaron se mirent à rire. J'avais peur, j'étais terrifiée. J'avais déjà blessé une personne et je savais que je recommencerais si on ne m'aidait pas. Je ne contrôlais rien et ils voulaient que ce soit moi qui les aide ? Toute cette histoire me dépassait. Je faisais partie d'un peuple - les Chimères - que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam. J'étais la descendante d'un grande reine - Salmavira - qui n'était pas apprécier par tous et avait engendré une guerre. Et je devenais le seul espoir de ce peuple pour mettre fin à cette guerre - l'Elue. Malgré tout, je savais que je devais tout faire pour les aider. Pour que ce peuple - mon peuple - retrouve la paix. Mon devoir l'emportait sur tout. J'avais enfin trouvé un but à ma vie, je ne devais pas renoncer. Je soufflai et essuyai mes larmes. Aaron et Louis avaient depuis longtemps arrêter de rire et me regarder l'air soucieux.

_ On va t'aider à les contrôler, et à maîtriser les prochains, me rassura Louis.
_ Parce qu'en plus je vais en avoir d'autres ?
_ Tu en auras beaucoup plus. Tu es l'élue après tout, souria-t-il.
_ Okay. On va dire que je ne suis pas folle et que je suis la gentille de l'histoire qui après un entraînement de choc deviendra super trop forte et balayera les méchants. Et mon frère ?
_ Ton frère ?
_ Mathieu, répondis-je comme si c'était une évidence.
_ Mathieu est ton frère ?
_ Oui, pas le Pape.
_ Je l'ignorais. C'est très rare que deux membres d'une même génération au sein d'une famille soient des Chimères.
_ Ouais bah, on est ... des exceptions.
_ Et moi ? Ma cousine est une Chimère aussi ! protesta Aaron.
_ Oui bon. Il est au même statut qu'Aaron, une Chimère qui se bat pour que la paix revienne.
_ C'est pour ça exactement qu'il ne m'a rien dit, n'est-ce pas ? demandai-je à Aaron
_ Tu es sa petite soeur. Il accepte mal que ce soit toi qui doive te battre pour nous sauver.
_ Y'a beaucoup de Chimères dans votre repère ?
_ En tout, une cinquantaine font partis de notre groupe.
_ Wouah.
_ Cinquante personnes qui t'attendent.
_ On va les voir ?
_ On passe chez toi avant. C'est ton frère qui nous emmené. C'est assez loin.
_ T'y vas souvent pourtant d'après ce que j'ai cru comprendre.
_ Bah ... je ... me sers de ... voila quoi, éluda-t-il en se grattant la tête.
_ Aaron ! le réprima Louis, tu es vraiment un petit con, tu avais dit que tu ne t'en servais pas, tu m'as menti ! Mais imagine que quelqu'un te voie.
_ Mille pardons. On te rejoint au repère Louis.
_ Prend ce livre Sarah. A plus tard.
_ A plus tard.

___Nous sortîmes de la librairie avec Aaron. Je rigolai de la façon dont il venait de se faire engueuler par Louis. Il n'était pas trop tard, notre bus n'était pas encore passé. C'est pourquoi nous nous mîmes à courir vers le lycée. Le bus arriva en même temps que nous. Certes, moins essoufflés. Nous nous asseyions l'un à coté de l'autre, et le trajet se passa de la même manière que ce matin : nos écouteurs dans les oreilles, a tête sur son épaule, son bras autour de mon cou, sa main caressant ma joue et mes cheveux. Je devenais dépendante de lui. De ses attentions. De son réconfort. Je me rendais compte que je ne l'avais pas quitté de la journée. Que je ne l'aurais voulu pour rien au monde. A peine le pieds à terre, nous filâmes directement chez moi afin d'y rejoindre mon frère.
___Une fois à hauteur de mon château de brique, nous remarquâmes que mon frère nous attendait devant le portail, une cigarette à la bouche. Nous voyant arriver, il nous adressa un grand sourire. Il se rapprocha de nous et me serra dans ses bras. Je n'étais pas vraiment habituée à ces élans de tendresse de sa part mais je lui rendis son étreinte. Trop heureuse pour la refuser. Il nous dit de monter rapidement dans la voiture, nous n'avions pas de temps à perdre. Il me rassura en me disant qu'il avait prévenu notre mère que nous ne rentrerions pas manger. Le temps nous pressait si bien que tout se bousculait dans ma tête. Ce fut au bout d'une demi-heure de route que nous arrivions à cette vielle ferme qu'ils appelaient le repère.

# Posté le samedi 01 août 2009 08:32

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 14:19

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Cнɑρiтяε 2___ _____Pɑятiε 2

__________________________
__________________________

Débuts difficiles 2eme partie

__________________________
__________________________


Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas,
c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.


Sénèque


___Mathieu coupa le moteur de la voiture et nous descendîmes tous les trois. Je tenais toujours le livre que Louis m'avait donné dans ma main droite - ce n'était qu'un tout petit livre, une sorte d'agenda. Je ne pus m'empêcher de regarder autour de moi. Cette ferme était immense, constituée de trois bâtiments et d'une grange. Il y avait quatre autres voitures garées dans l'interminable cour qui s'offrait à mes yeux. Celle-ci était recouverte de petits cailloux blanc, à peine plus clair que les murs de la ferme eux-mêmes assez pâles. La grange était, elle, remplie de foin. Les bâtiments et la grange formaient un U, entourant ainsi la cour entière. L'imposant portail était grand ouvert laissant libre accès à qui le désirait. Cette ferme respirait l'étrangeté. La bizarrerie. Elle était trop grande. Trop mystérieuse. La cour était trop propre. Trop silencieuse.
___Aaron vint me sortir de ma rêverie en me prenant la main. Je le suivis donc vers le bâtiment le plus grand de la ferme. Mon frère était à côté de moi, son bras gauche autour de mes épaules, en train de me rassurer, me ressassant sans cesse que quoiqu'il se passait, c'était moi qui allait prendre les commandes et qu'il était fier d'être mon frère. Ce qui me fit doucement sourire mais qui m'inquiéta également. Je ne savais pas quoi faire, je ne connaissais rien à leur guerre, juste les bases. Et le plus embêtant, j'étais complètement dépassée par les évènements. La main d'Aaron se resserra et je le regardai avec de gros yeux. Bien sur, ce dernier ne perdit pas son sourire. Il m'énervait à lire dans ma tête. Surtout que j'étais consciente que mes pensées ressemblaient fort à un raisonnement loufoque et barré. Mathieu me lâcha et ouvrit la porte en chêne qui se tenait devant nous. Nous pénétrâmes dans une grande pièce lumineuse où se trouvait une dizaine de personne. Une grande table trônait au centre de la pièce entourée de chaises qui accueillaient les pieds des occupants. Ceux-ci jouant aux cartes assis sur la table. Sur la gauche, on pouvait admirer un écran plat devant lequel s'agglutinaient la majorité des garçons, étalés sur des canapés bleus et blanc. L'un d'eux se retourna vivement et vint rejoindre mon frère.

_ Faut pas se presser surtout ! lanca-t-il. On t'attend depuis une demi-heure.

___Aucun d'entre eux ne m'avaient pas encore vu, seul mon frère était à la lumière et Aaron n'avait pas bougé, me rassurant de son profond regard océan.

_ Je vous ai ramené quelqu'un.
_ Un nouveau ? demanda une des nombreuses filles présentes dans la pièce.
_ Ma petite soeur Sarah, dit-il en me prenant par les épaules.

___Il me posa devant lui. Plus aucun bruit ne brisa le silence de la pièce. Tous les yeux étaient braqués sur moi. Je sentis mes joues prendre une couleur légèrement rosée. Les filles me dévisagèrent avec des yeux noirs et les garçons me déshabillèrent du regard. Je ne m'étais jamais sentie aussi mal à l'aise. Ma respiration se bloquait et je sentais de la transpiration naître à la racine de mes cheveux. Louis arriva dans la pièce et me sortit de cet enfer.

_ Ah Sarah te voila enfin ! lanca-t-il à mon égard
_ Hey Louis respire ! rigola Aaron
_ Pas le temps de rire, viens avec moi Sarah.

___Je fus incapable de répondre. Il dut me pousser pour que je le suive dans une autre pièce, Aaron et Mathieu sur mes talons. J'aurais pu croire qu'ils avaient peur qu'il m'arrive quelque chose. Mathieu j'aurais compris mais Aaron ... J'avoue que ça ne me déplaisait pas qu'on se fasse du soucis pour moi mais on se connaissait que depuis de jours. Je trouvais donc étrange qu'il m'accorde autant d'intérêt. La seule réponse qui me parut plausible était que j'étais cette Chimère qu'ils appelaient tous l'élue. Ça faisait vraiment film de science fiction. Je n'arrivais pas à croire tout ce qui m'arrivait. J'espérais toujours me réveiller pleine de sueur dans mon lit et me dire que ce n'était qu'un cauchemar. Mais ça faisait deux jours et je ne m'étais toujours pas réveillée.
___Arrivés dans la pièce adjacente à celle où l'on se trouvait précédemment, Louis me fit m'asseoir sur une chaise en bois bancale. Je posai le livre que je tenais entre les mains sur la table. Louis me sourit et s'installa en face de moi. Mes deux anges gardiens prirent place sur le meuble qui se trouvait à coté.

_ Bien, ouvre-le et lis la première page. déclara-t-il en me désignant le petit livret. Y sont inscris les dons les plus répandus chez les Chimères
_ Pourquoi veux-tu que je le lise ? lui demandai-je
_ Lis s'il te plaît. Tu ne pourras pas te défendre si tu ne sais pas à quoi t'attendre.
_ Ah ouais, c'est vrai je suis superwoman des chimères, j'avais oublié.

___Je vis Aaron sourire de ma remarque et mon frère s'excusa auprès de Louis de mon manque d'éducation. En guise de réponse, je lui tirai la langue. J'ouvris alors le livre à la première page et commençai à lire ce qu'il y avait d'écrit. Je lisais une fois de plus cette langue qu'était le grec sans avoir suivi le moindre cour.

Le Peuple de Flamarion dispose de pouvoirs qui dépassent l'entendement humain.
Ces pouvoirs ont été appelés dons par les plus sages d'entre nous.
Certains de ces dons sont plus répandus que d'autres. Les voici :

- Décuplement de la force physique

- Hypnose
- Lévitation
- Invisibilité
- Manipulation de l'élément 'bois'
- Manipulation de l'élément 'métal'


_ Décuplement de la force physique ? questionnai-je Louis
_ Ce don est possédé par toutes les chimères, mais certaines le possèdent plus développé que d'autres.
_ Oui, mais ça signifie quoi concrètement ?
_ Pour simplifier, tu sais de battre et ta force physique est supérieure à celle des humains. Mais on ne le considère pas vraiment comme un don.
_ En effet, ça simplifie. Et, Hypnose c'est ... ?
_ Contrôler une personne mentalement et physiquement, me répondit mon frère.
_ Lévitation. C'est ton don ? demandai-je à Aaron
_ Perspicace.
_ Je sais. Et, si je comprends bien, moi, l'un de mes dons serait 'manipulation de l'élément 'feu'' ?
_ Oui. Les cinq éléments peuvent être manipulables. Le bois et le métal sont les plus simples donc les plus répandus. Ensuite vient la terre, l'eau et pour finir le feu. D'autres forces de la Nature sont également manipulables comme la foudre, le vent ou la glace. Mais il existe d'autres dons. Tout est écrit dans ce livre qui a été fait spécialement pour toi. J'en suis un des auteurs.
_ Alors ... merci.
_ Je suis bien obligé, rigola-t-il.
_ C'est méchant ce que tu dis.
_ Exact. J'ai répertorié tous les dons connus aujourd'hui dans ce livre en plusieurs catégories : Les plus répandus, les plus rares, les plus insignifiants et les plus dangereux. Chaque don fait l'objet d'une analyse complète : description, points forts et points faibles. Malheureusement, je ne connais pas tous les dons qui existent. Malheureusement pour toi, tu dois connaître le contenu de ce livre sur le bout des doigts.
_ Sérieux ?
_ Oui.
_ Je dois déjà apprendre à contrôler mes dons et en plus, je dois connaître ceux des autres.
_ Ça sera un jeu d'enfants d'apprendre à les contrôler, tu as les meilleurs profs possibles.

___Je tournai la tête vers la gauche et fixai Aaron, blasée. S'il pensait me rassurer. Il contrôlait ses dons, lui, et il ne risquait pas de provoquer un incendie.

_ Au fait, t'as quoi comme dons Mathieu ?
_ Hypnose.
_ Ça va c'est simple.
_ Que tu crois. Mais quand Maman se mettait à danser en plein milieu du salon sans raison, ou que Papa essayait de faire l'équilibre contre le mur, ce n'était pas de leur plein gré.
_ C'était toi ?
_ Ouais. Mais Louis m'a aidé avec Nathan.
_ Nathan ?
_ Tu le connais pas encore.
_ Et il a quoi comme dons lui ?
_ Hypnose aussi. N'oublie pas, c'est l'un des plus répandus, se moqua-t-il.
_ Et bah, avec toi qui fait faire ce que tu veux aux gens et Aaron qui lit dans les pensées, je suis pas sortie de l'auberge.
_ Je n'utiliserai pas mes dons sur toi.
_ Ouais pas comme Aaron.

___Mon frère lui donna une claque sur la tête en lui interdisant de lire mes pensées dorénavant. Louis se leva et me supplia de le suivre. Il voulait me faire visiter le repère. J'acquiesçai. Nous sortîmes de ce premier bâtiment, le plus grand. Il m'expliqua que c'est dans celui-ci qu'il vivait ainsi que les Chimères qui le souhaitaient. Les Chimères que n'avaient pas la chance de contrôler leur dons et qui craignaient d'être découverts. C'était une maison tout ce qu'il y a de plus normale : cuisine, salle à manger, salon, salle de bain et quelques chambres pour les Chimères qu'il hébergeait. Le deuxième bâtiment contenait aussi des chambres. Les fenêtres, espacées du même nombre de pieds, étaient toutes identiques, seuls les rideaux apportaient une certaine nuance. Et le dernier, le plus éloigné, était le plus récent de la ferme. Louis me fit frémir quand il m'apprit que c'était une immense salle de sport dans laquelle les Chimères pouvaient s'entraîner à leur guise. Je n'arrivais pas à m'imaginer tous ces mômes - certes aussi âgés que moi, voire plus - se taper les uns sur les autres, évoquant un match de karaté instructif. La grange se trouvant à coté leur servait également de salle d'entraînement. Je ne pus m'empêcher de comparer cet endroit à un camp militaire ce qui me fit sourire. Je remerciai intérieurement Aaron de ne pas être présent et donc, ne pas se moquer de moi et de mes pensées saugrenues.
___Louis me révéla, un grand sourire aux lèvres, qu'il avait préparé une chambre pour moi. Elle se trouvait dans la maison, au dernier étage. Selon lui, ce serait plus simple que je vienne ici pendant le week-end. Ainsi Aaron et Mathieu pourront passer le plus clair de leur temps à m'entraîner afin que je parvienne à contrôler mes dons. Je le remerciai sans grande conviction et nous retournâmes chez lui, enfin, dans la maison, puisque l'ensemble de cette vieille ferme lui appartenait en réalité, mais il ne s'en était jamais servi avant de la convertir en repère pour les Chimères " sans domicile fixe ". En entrant dans la salle, deux filles vinrent à ma rencontre. Elles se postèrent devant moi. Je n'aimais pas le regard qu'elles me lancaient. Je me sentis gênée, une fois de plus dans ma triste vie chamboulée.

_ Alors comme ça, c'est toi notre 'chef' ? me lança la première en grimaçant sur le mot 'chef'.
_ Euh ... il parait, lui dis-je en détournant le regard.
_ Il pouvait pas nous mette une vraie Chimère, une de celles qui affrontent le regard des autres, renchérit la deuxième.

___C'était la première fois de ma vie que ma main me démangeait autant. J'avais envie de lui en coller une à cette inconnue qui cherchait à me blesser - voire aux deux. Depuis hier, sans savoir pourquoi, je me révoltais de l'intérieur. Toutes ces années, j'avais tout gardé pour moi, tout enfouis dans un coin de ma tête. Mais ça devenait trop lourd à porter et j'avais préféré tout arrêter avant d'exploser et de finir par le regretter. Tout d'abord avec Marine, c'était la première fois que je répondais à quelqu'un aussi sec, moi qui était habituellement trop timide pour oser dire quoi que se soit. Et là, je mourrais d'envie d'en venir aux mains, avec ces deux pétasses.
___Je relevai enfin la tête vers elle, un regard mauvais. Ce serait ma première vraie dispute avec quelqu'un d'autre que mon frère.

_ T'as un problème avec moi ?
_ Oh, tu réponds. Je m'attendais à ce que tu n'ais pas de langue.
_ Tu devrais pas la chercher Béa.
_ Je fais ce que je veux Aaron.
_ Je disais ça pour toi, finit-il par ajouter.
_ C'est pas une gosse comme elle qui va me faire peur. Et dire qu'ils veulent qu'on sauve le peuple de Flamarion avec ça.
_ Ils ont beaucoup d'espoir ses sages. Elle ressemble à Salmavira mais, c'est tout, réenchérit la seconde.

___Ces deux filles m'énervaient. Je me considérais comme la seule à avoir le droit de douter de moi. De mes capacités. Si on m'avait choisit ce n'était pas pour rien. Et contrairement à elles, je connaissais l'existence de mes dons depuis deux jours. Il allait me falloir du temps pour leur arriver à la cheville et, ensuite, devenir la wonderwoman des Chimères. Sans que je ne contrôle ma colère, une chaise arrivée de nulle part vint s'abattre sur elles. Je vis le reste du groupe s'éloigner avant que ma vue ne se brouille. Elles m'avaient tellement mis en rogne que ce don que je croyais maîtriser me révéla le contraire. Ma tête se mit à bourdonner et une seconde chaise quitta le sol mais cette fois-ci, ce fut sur moi qu'elle se dirigea. J'essayai de la stopper avec mes mains mais le choc me projeta en arrière et mon dos heurta au mur.
___Je me retrouvai aussitot assise par terre, la chaise renversée sur moi. L'un des garçons qui avaient assisté à la scène se dirigea vers moi et la repoussa. Il la lança en laissant échapper un hurlement.

_ Ah putain !
_ Ça va Nathan ? demanda mon frère qui avait réussi à garder son calme jusque là.
_ J'me suis brulé !

___A sa remarque, tous les yeux se retournèrent de nouveau sur moi. Je me sentis affreusement mal. Un immense sentiment de culpabilité m'enveloppa. Mes yeux mouillés menacaient de laisser s'échapper un torrent de larme. Je venais presque d'assomer deux personnes et j'en avais brulé une autre. C'était un véritable cauchemar. J'avais l'impression de porter tout le poids du monde sur mes épaules. La voix de mon frère s'élèva dans la pièce.

_ Elle ne controle pas ses dons espèces d'idiotes ! cria-t-il à l'égard de Béa et sa copine
_ Moi qui pensait que vous seriez heureux qu'elle fasse enfin partie des notres. On va enfin pouvoir avancer et peut-être faire tomber les Rebelles et vous, vous la rejetter, leur reprocha Louis.
_ Je suis désolée, déclarai-je d'une toute petite voix
_ C'est rien ma puce, me dit mon frère en essayant d'attrapper ma main.
_ NON !

___Mon hurlement le fit reculer. Il me regarda étoné. Je lui montrai alors la paume de ma main. Cette dernière était rouge et on pouvait clairement voir de la fumée s'en échapper. Il m'attrappa donc par le poignet et Aaron par le second. Ils me relèvèrent et je les remerciai. Je me dirigai vers Nathan dans l'espoir qu'il accepte mes excuses. Il sautillait à travers la pièce, espérant ainsi reffroidir sa main. Inconscienmment, je le stoppai dans sa dance infernale et me mis à souffler sur sa main endolorie. Sans que je ne puisse l'expliquer, les cloques qui venaient à peine d'apparaitre ne devinrent qu'un lointain souvenir et sa main retrouva une couleur normale. Il me lanca un regard intérrogateur, le mien n'étant pas loin de la surprise. Aaron et Mathieu furent pris d'un fou rire et Louis me prit pas les épaules.

_ Je t'avais prévenu, me dit-il gentillement.
_ Ca surprend.
_ Et, si comme une certaine Salmavira avant toi l'a vécu, tu n'as pas finit de te surprendre.
_ Je suis désolée pour les chaises.
_ Ce n'est rien.

___La fille qui accompagnait Béa se dirigea vers moi. Elle me sourit timidement avant de se présenter.

_ Je m'appelle Zoè. Je suis désolée pour l'accueil assez froid que tu as reçu.
_ C'est rien. Et moi, c'est Sarah.

___Je lui tendis la main mais elle me lanca un regard appeuré. Je rigolai et finis par la rassurer.

_ C'est passé, ca a refroidit. Je le sens. Et ... désolée pour la chaise.
_ Je sais ce que c'est de ne pas contrôler son don. La lévitation a aussi ses inconvénients quand on en ignore le fonctionnement.

___Elle rigola et consentit enfin à me serrer la main. Les autres imitèrent son geste en se présentant chacun leur tour me révélant leurs dons. La plupart n'en possédait qu'un seul. Je me rendis compte que l'hypnose était réellement trés répendue. J'avais aussi rencontré des manipulateurs d'eau et de foudre, une fille qui se rendait invisible et une autre qui contrôlait les insectes. Je trouvais ce don assez ... particulier. Ma soirée s'était déroulée encore mieux que je ne l'avais espéré. J'avais parlé avec eux pendant des heures. Je n'avais pas vu le temps passé. Chacun d'entre eux avait une personnalité différente qui les rendait unique. Ils formaient une grande famille. Ils se cherchaient tous les uns les autres, se calinaient, se battaient gentillement.
___Je découvrais une nouvelle facette de mon frère. Ou je le découvrais tout court. Je me rendis compte que je n'avais jamais parlé avec mon frère de ses passions, ses hobbies, ni même de ses petites amies. Je regrettais que ce soit à cause de nos dons, de notre ... combat que l'on se soit rapproché. Dans la 'vie normale', on passait notre temps à s'engueuler pour un oui ou pour un non. En revanche, je savais déjà qu'il s'entendait avec n'importe qui. Je ne connaissais pas plus sociable que lui. Il m'avait avoué que l'hypnose était le seul don qu'il possédait mais qu'il était considéré comme l'un des plus dangereux pour une personne qui ne se contrôlait pas. Quand je repensais à l'épisode avec ma mère qui se considérait comme une danseuse étoile, je compris ce qu'il essayait de me dire.
___Vers vingt heures, Louis commanda des pizzas. Il avait beau être beaucoup plus agé que nous, il était vraiment cool pour un homme de soixante ans passé. On aurait dit un ejune prisonnier dans un corps de vieillard. On eut le droit à des pizzas quatre fromages, campagnardes et royales. Tout le groupe semblait plutot bien m'intégrer mis à part Béatrice qui n'avait pas l'air de m'apprécier énormément. J'avais éssayé de lui parler mais elle m'avait envoyé sur les roses. J'étais étonnée de l'attachement qu'Aaron me portait. Il ne m'avait pas quitté de la soirée. Dés que l'on me posait une question indiscrète ou que l'on me lancait des piques, il était là pour me défendre. Son attention envers moi me dépassait. Autant que celle que je lui portais. Il ne me quttait pas mais je n'avais pas non plus envie qu'il le fasse.
___Aprés notre repas, Mathieu et Aaron m'avaient demandé de les suivre et m'avaient donc emmenée à la grange. Le temps était assez doux mais je n'arrivais pas à comprendre la raison de notre venue.

_ On fait quoi là ? leur demandai-je.
_ Tu vas devoir te concentrer. On va commencer par développer ton don de télékinésie. C'est le plus simple, me répondit mon frère.
_ On va faire ca à vingt et une heures ?
_ Plus tôt on commence, plus tôt on y arrive, me fis remarquer Aaron.
_ Tout a fait ! On va lancer des objets en ta direction p'tite soeur et toi, tu vas essayer de les renvoyer dans la tête d'Aaron.
_ T'es malade !
_ Je m'envolerai si je te considère comme danger public, rigola-t-il
_ Et moi ? Si je recoie un de vos objets en plein tronche, je fais comment ?
_ Tu te guéries, répliqua Mathieu tout simplement
_ Tu te moques de moi ?
_ Non. Tu n'auras pas de mal à contrôler tes dons. T'es ... la nouvelle Salmavira. Sur ce point, tu ... évolueras aussi bien qu'elle.
_ Encore mieux qu'elle, j'en suis sur, rajouta Aaron.
_ Je vous fait confiance.

___Ils s'éloignèrent de moi. La nuit allait tomber dans un peu plus d'une heure. J'espèrais que l'on s'arrêterait avant qu'il ne fasse nuit. Je m'appercus qu'ils avaient tout préparé. Ils se placèrent à coté d'une table où se trouvaient des lampes, des livres, des boîtes en tout genre et deux chaises à coté.
___Mathieu me demanda de me concentrer et de ne me soucier que de l'objet qui arriverait en ma direction. Je ne devais pas me préoccuper de ce qui se trouvait autour. Une fois ceci fait, je me devais me servir de ma tête, il me suffisait de penser à ce que je voulais, donc leur renvoyer l'objet lancé. Aaron saisit un livre et le lanca. Je l'évitai au dernier moment. Ils continuèrent de me lancer divers objets assez légers. Aucun ne réussit à m'atteindre. Mais je ne réussis pas non plus à en revoyer un seul. Tout allait bien jusqu'à cet instant fatidique. Un livre que je n'avais pas vu arriver. J'avais l'impression que mon nez venait d'être écrabouillé.

_ Aïe ! me plaignai-je.
_ Tu vas te faire mal plus d'une fois. Mais c'est rien, déclara Mathieu, l'air tout à fait serein.
_ On voit que tu n'es pas à ma place !

___Cette fois-ci, il prit un vase. J'étais tellement affolée que je n'arrivais pas à le supplier de ne pas le lancer. Je sentais mes tempes s'humidifiaient. De la sueur commençait à apparaître également dans ma nuque. Ma respiration se faisait haletante. Ce n'était pourtant qu'un vase. Mais ce vase précisément allait être lancé dans ma direction, et j'avais de grandes chances de le recevoir en pleine face et de me blesser plus gravement. Je fermai les yeux et tentai par tous les moyens de me clamer, de me concentrais comme je ne l'avais jamais fait jusqu'à ce jour. Ils me faisaient confiance, je n'avais pas le droit à l'erreur. J'ouvris alors les yeux et fixai mon regard. Je ne voyais que le vase, il n'y avait rien autour. Il allait faire ce que je lui disais de faire. Point. Ça me faisait bizarre de dire ça d'un vase. Habituellement, on parlait d'une personne pas d'un vase ou d'un livre. Si Aaron était en train de me sonder à cet instant précis, il devait se foutre de moi. Je n'eus pas le temps de m'en formaliser, mon frère lança le vase. Mes yeux ne l'avaient pas quitté. Si je me le prenais en plein poire, j'allais le sentir passer.
___Ma vision étant tellement figée sur ce vase, je ne me rendis pas compte qu'il flottait dans les airs. J'entendis Aaron applaudir au loin.

_ Vas-y, j'esquive, me cria-t-il tout excité à l'idée de recevoir ce vase violet - totalement dépassé - en pleine tronche.

___Je me concentrai un peu plus et le vase s'envola seulement à quelques mètres de moi. Mon frère se plaignit de ma lenteur. D'après lui, deux heures pour réussir à renvoyer un vase, c'était trop long. Surtout que je n'avais réussi à le renvoyer qu'à quelques mètres. Je me défendis comme je pus jusqu'à qu'il se saisit d'une chaise et la lance à son tour. Ni une ni deux, mes yeux plantés dessus, je l'envoyai le plus loin possible sur ma gauche.

_ Félicitations ! hurla-t-il.
_ Mais t'es malade ! Si je me l'étais prise dans la gueule ! T'aurais pu m'assommer ! m'énervai-je.
_ Oui mais tu y arrives maintenant.
_ J'ai réussi une fois correctement, ça ne veut rien dire, rétorquai-je sèchement.
_ On continue.

___J'acceptai sachant parfaitement que je n'avais pas le choix. J'avais besoin de cet entraînement. Ils lancèrent tout ce qui restait sur la table. J'arrivais plus ou moins à les stopper mais je ne les renvoyais pas correctement. Lorsque nous décidâmes d'un commun accord de s'arrêter là pour ce soir, il était une heure du matin. J'étais fatiguée, je ne tenais plus sur mes jambes. Aaron m'apprit que c'était tout à fait normal. Que je n'étais pas habituée à me servir autant de mes dons. Sans oublier que je m'étais pris trois ou quatre livres dans la tête, quelques lampes, mais rien de bien méchant. Je n'aurais que quelques bleus, rien de plus.
___On retourna chez Louis. Il vit mes petits yeux qui peinaient à rester ouverts et me conseilla d'aller me coucher dans ma nouvelle chambre. Je le remerciai mais déclinai sa proposition n'ayant pas de change. Mathieu décida donc de me ramener. Louis me conseilla de ramener des vêtements de rechange demain, au cas où. Je lui répondis positivement et fit un dernier signe aux personnes encore debout, ainsi que mon frère. Aaron préféra rester mais nous raccompagna jusqu'à la voiture. Il serra la main de mon frère et m'embrassa la tempe en me chuchotant à l'oreille :

_ A demain ma belle.

___Je montai dans la voiture suivie de Mathieu qui vit gronder le moteur. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes et ma tête bascula vers la droite. Je ne rouvris les yeux que lorsque mon frère me sortit de la voiture. Je souris. C'était la première fois qu'il me portait dans ses bras. Il me déposa sur mon lit et me souhaita bonne nuit. Je ne pris pas la peine de me changer. J'enlevai simplement ma veste, mes chaussures et mon jean puis me coulai sous la couette. Je ne mis que quelques minutes à replonger dans l'inconscience.

# Posté le jeudi 20 août 2009 15:43

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 17:25

~ Cнiмεяε - ѕтoяу ~ ________Uиε нisтoiяε ðε Cнiмεяε Cнɑρiтяε 3___ _____Pɑятiε 1

____________________________
____________________________

Prise de conscience 1ere partie

____________________________
____________________________




_ Debout soeurette ! résonna une voix.

___Un grognement m'échappa. Je sentit un poids affaisser mon lit. J'ouvris les yeux avec difficulté pour finir par les poser sur mon frère. J'avais un atroce mal de tête. Un goût immonde à la bouche. Mes oreilles bourdonnaient. Et pour finir, j'avais trop chaud. J'enfouis ma tête sous mon oreiller et finis par lui répondre tout simplement :

_ Bonjour.
_ Bonjour p'tite soeur.
_ Qu'est-ce que tu veux ?

___Mon frère rit. Il est vrai que coté amabilité, il y avait du boulot. Je détestais parler le matin. Il fallait attendre que ma tête soit passée sous l'eau brûlante de la douche pour réussir à tirer quelque chose de moi.

_ Je voulais savoir si tu faisais quelque chose aujourd'hui ?
_ On est quel jour ?
_ Samedi.
_ Hum ... Je vais voir le match d'Aaron.
_ Toi ?! s'exclama-t-il, ahuri.
_ Ouais. On va pas dire que je lui ai promis d'aller le voir mais bon, j'ai dit oui alors, j'y vais.
_ Tu l'aimes bien Aaron ?
_ Mon dieu, je parle mec avec mon frère.
_ On parle tout court.

___Je sentis une pointe de tristesse dans sa voie. Mon coeur se serra et je consentis enfin à sortir de mon nid.

_ Désolée. Je suis sûrement pas la petite soeur idéale.
_ Tais-toi ! Ne redis jamais ça, t'entend ! s'énerva-t-il, d'un seul coup.
_ T'énerve pas comme ça, déclarai-je sans prêter attention à son changement d'attitude - je ne devais pas être très bien réveillée.
_ C'est moi qui suis con. Quand j'ai appris que j'étais une Chimère, et que c'est toi qui était destinée à te battre avec nous, à ... à notre tête, je ... j'l'ai mal digéré et j'ai un peu rejeté la faute sur toi, puis après sur les parents et ... Enfin bon, j'ai eu tord.
_ J'te le fais pas dire ! rétorquai-je.
_ Bon, j'te prendrais en même temps qu'Aaron alors.
_ J'imagine oui. Ça te dérange que je passe du temps avec Aaron ?
_ En fait, je suis un peu jaloux. Mais, c'est un mec bien alors, ça passe !

___Il se leva et sortit de ma chambre après m'avoir déposé un baiser sur le crâne. Je soupirai et décidai de me lever à mon tour. Je fis une halte devant mon armoire et filai dans la salle de bain. Je profitai de cet instant pour ne plus penser, oublier les derniers jours qui avaient été de loin les plus compliqué de toute ma jeune vie. La matinée passa rapidement. Je fis mes devoirs, me connectai pour parler avec Julie - cette dernière voulant à tout prix me donner des conseils pour mon soi-disant rendez-vous avec Aaron - et préparai un sac de fringues comme me l'avait demandé Louis la veille. Je pris le temps de manger avec ma mère, mon père et mon frère étant absent.

_ Que fais-tu aujourd'hui ma fille ? me lança-t-elle, rompant le silence.
_ Je vais voir le match d'Aaron et après on part avec Mat'.
_ Tu passes de plus en plus de temps avec Aaron non ? m'interrogea-t-elle, se voulant détachée du sujet.
_ Ce n'est pas une question ça.
_ Oui, c'est vrai. Il y a quelque chose entre vous ?
_ Maman ! C'est un ami c'est tout !
_ Il te plaît ?
_ Maman ! Je n'ai pas envie d'en parler. Et surtout avec toi. Ce n'est pas pour te vexer.
_ Tu me le dirais si lui et toi vous ... sortiez ensemble ?
_ Stop ! Fin d'la discussion, l'avertis-je.

___Je me levai et débarrassai ma table. Ma mère riait, se moquant gentillement de mon comportement d'ado rebelle. Je préférai ne rien dire de peur de m'enfoncer. La porte d'entrée me sauva. Aaron. Je montai rapidement prendre mon sac et redescendais en courant. J'arrivai en bas et vis Aaron attendre à l'entrée, tout sourire. Son sac en bandoulière. Ses cheveux en désorde. Je ne pus me retenir de sourire et passai une veste légère avant d'aller le rejoindre. Les yeux de ma mère brillait de je ne sais quelle lueur espiègle.

_ Salut m'man ! lui dis-je en l'embrassant.
_ Amusez-vous bien.
_ Salut Véro ! lança Aaron.

___Une fois dehors, il embrassa ma tempe comme il avait pris l'habitude de le faire ces derniers jours. Nous nous mîmes en chemin rapidement, pour ne pas qu'il arrive en retard.

_ J'ai lu dans les pensées de ta mère, lâcha-t-il tout à coup.
_ Quoi ?! T'as pas honte !
_ Ça devrait t'intéresser pourtant.
_ Laisse-moi deviner, elle croit qu'on sort ensemble.
_ Oui.
_ Mon dieu ! N'importe quoi.
_ Ça te dérangerais ? demanda-t-il, dubitatif.
_ Tu rigoles ?

___Il baissa les yeux trouvant soudainement le sol intéressant. Je regrettai aussitôt mes mots.

_ Bien sur que non, ça ne me dérangerait pas ... c'est pas ça ... c'est juste que pour l'instant on est pas ensemble, c'est tout.

___Sans m'en rendre compte, je m'étais arrêtée en plein milieu du chemin. Je repensais à ce que je venais de dire. Je venais de lui faire comprendre que j'étais intéressée. Plus ou moins subtilement. Maman, j'te revaudrais ça.

_ Bref, on avance ! décrétai-je à court d'argument.
_ A vos ordres, Chef !
_ Idiot ! lui dis-je en lui assenant un coup dans les côtes.
_ Aïe !
_ Avec la force de mouche que j'ai, j'ai pas du te faire mal.
_ Force de mouche ? On voit que tu ne te tapes pas.
_ Oups, pardon. J'ai pas l'habitude, je suis désolée, m'excusai-je en m'éloignant de lui de deux bons mètres.
_ Respire, je suis pas mort !

___Je rigolai de sa remarque - c'était plutôt un rire nerveux en y repensant - et il passa son bras autour de mes épaules pour me rapprocher de lui. Je me sentais si bien dans ses bras. A ma place. Protégée de tout. Heureuse. En deux jours, il avait réussit à se faire une place dans mon coeur et comptait bien y rester. Peut-être avais-je une place semblable dans le sien. A croire que nos sentiments étaient présents depuis un moment mais ne s'étaient pas dévoilés plus tôt. Le reste du chemin se fit dans la rigolade, nos sourires se répondant, vivants et joyeux. Même si je n'étais pas parvenue à me débarrasser de ce léger sentiment de culpabilité. Nous arrivâmes au stade du centre ville pile à l'heure. Aaron me laissa prendre place dans les gradins après son désormais culte baiser sur la tempe et partit rejoindre son équipe aux vestiaires. Son éternel sourire encore plus éblouissant qu'à l'habituel.
___Les gradins étaient plus confortables que je ne l'avais imaginé. Il y avait plus d'une quarantaine de personnes présentes pour assister au match. Des parents qui ne cessaient de faire l'éloge de leur enfant, racontant leurs exploits depuis le plus jeune âge. Des amis qui se chamaillaient attendant patiemment le début du match. Des petites-amies à l'allure de pom pom girls qui faisaient de grands signes en direction de leur favoris. Et au milieu de tout ça, il y avait Sarah. Une jeune fille perdue dans la foule qui ne savait pas très bien ce qu'elle faisait là. Dont les pensées ressemblaient à un méli-mélo de questions farfelues. Et qui surtout, contrôlait chacun de ses gestes de peur d'être démasquée par ces gens qu'elle ne connaissait pas. Qu'elle n'avait jamais vu. Elle avait peur. Oui, j'avais peur de commettre une erreur.
___Mes pensées s'envolèrent quand les joueurs entrèrent sur le terrain une dizaine minutes plus tard, tous vêtus de leur short et maillot rouges. Je ne pus m'empêcher de trouver Aaron sexy. Beau comme un dieu. Mon style tout craché. Je me frappai mentalement. Je devenais vraiment cinglée ! J'osais penser ce genre de choses alors que je savais qu'il n'était pas loin et que, à coup sur, il m'écoutait. Ils s'échauffèrent pendant une petite demi-heure et le coup de sifflet retentit sonnant le début du match. Aaron était sur la droite et donc du coté des gradins. Il n'arrêtait pas de se retourner et de me sourire. J'étais absorbée dans ma contemplation quand une main froide se posa sur mon épaule. Je me retournai en sursaut, laissant échapper un cri ridicule.

_ Désolée, je voulais pas te faire peur, s'excusa la belle blonde qui se trouvait devant moi.
_ Nan c'est rien, je suis rodée.
_ J'te comprends. Ça a été la même chose quand je l'ai appris moi aussi.

___Elle s'était assise à coté de moi mais je m'étais figée. Ses paroles tournant en boucle dans ma tête.

_ Pardon, j'me suis pas présentée, Emilie, cousine de l'autre idiot qui n'arrête pas de te regarder avec un air béat sur la tronche et manipulatrice de l'eau à mes heures perdues, déclara-t-elle en me tendant la main.
_ Okay. Bah, moi c'est Sarah, lui répondis-je en la lui serrant.
_ Je suis au courant, comme tout le monde.
_ Ah oui c'est vrai. La dernière au courant, c'est moi.
_ Tu ne devrais pas penser de cette façon. Il doit encore en rester des Chimères qui savent pas ce qu'elles sont, muramua-t-elle si bas que j'eus du mal à l'entendre.
_ Pourquoi parles-tu aussi ... bas ?
_ Tu tiens vraiment à ce qu'on nous prenne pour des folles qui s'inventent un monde imaginaire peuplé de créatures mythologiques ?

___Sa question me sembla aussi stupide que la mienne. Je rigolai avec elle et elle me tint compagnie jusqu'à la fin du match. Elle n'avait pas arrêté de me raconter des anecdotes sur son cher cousin, Aaron, lorsqu'il était haut comme trois pommes. Le pauvre, quand il le lirait. Ce dernier nous rejoignit après le coup de sifflet final, serrant la main des joueurs adverses au passage.

_ Tiens, la famille débarque ! lança-t-il à l'intention d'Emilie.
_ Salut beau blond.

___Elle lui écrasa la mâchoire en guise de bonjour, ce qui me fit à nouveau rire.

_ C'est ca, fous-toi de moi !
_ Si tu savais.
_ Non Mimi t'abuse ! se plaignit-il après quelques secondes à explorer nos pensées.
_ Désolée, c'était plus fort que moi.
_ Prochaine fois, abstiens-toi, j't'en pris.
_ J'essayerais, lui promit-elle, croisant les doigts dans son dos.
_ Bon, je vais prendre ma douche et je reviens vite.
_ Moi aussi, faut que j'y aille.
_ Déjà ?
_ Oui, je .. j'ai un truc à faire.

___Elle nous fit la bise et repartit comme elle était arrivée après un dernier signe de la main et un sourire qui me parut plus triste que les précédents. Plus terne. Presque désolé.

_ J'me dépêche, me réveilla Aaron.
_ Je t'attends.

___II me gratifia de son magnifique sourire, embrassa ma tempe et partit à toute vitesse en direction des vestiaires. Je laissai ma tête retombée sur mes genoux ramenés contre mon torse et attendis. Je m'amusais à écouter les conversations alentours, toutes dénuées d'intérêt. Certains commentaient le match. D'autres - surtout des filles - cherchaient à savoir lequel joueur était le plus craquant. Quelques-uns étaient partis sur un tout autre sujet. Les chuchotements des filles qui m'entouraient se dissipèrent d'un coup. Je décidai de relever la tête pour en connaître la source. Aaron venait vers moi. Les cheveux mouillés. Son tee-shirt à la main. Son sac sur l'épaule. Comment ne pas le trouver beau à se damner ? Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de son torse. J'étais certaine de n'avoir jamais vu un mec sans tee-shirt - une vraie sainte. Je me rattrapais depuis quelques temps. A son éclat de rire, je compris que je n'étais pas seule dans ma tête.

_ Aaron ! grognai-je.
_ J'adore t'écouter, j'y peux rien ! Puis, c'est vrai que je suis à tomber. Regarde tous ces regards braqués sur moi.
_ Vantard !
_ J'assume entièrement.
_ Au fait, je ne t'ai pas félicité pour ton match. Toutes mes félicitations.

___Il s'avança trop rapidement pour un humain. Mais aussi pour moi. Je manquais cruellement de réflexe. Il me déposa un baiser dans le cou qui me fit frissonner.

_ Merci princesse, me chuchotta-t-il à l'oreille.
_ Je vous dérange pas trop ? nous coupa une voix qui ne nous était pas inconnue.
_ Si, un peu, répliqua Aaron.
_ Arrête de traumatiser ma soeur veux-tu.
_ Je pense que c'est hors de mes compétences.
_ Et moi je pense que c'est le contraire. Je dois vraiment de le prouver ?
_ Je ne demande qu'à voir.
_ Arrêtez ! m'interposai-je.

___Ils stoppèrent tous mouvements contre leur gré, comme s'ils venaient de recevoir un ordre. J'avais préféré de pas y penser à cet instant. Reléguant cette discussion à plus tard.

_ Allez, on y va.
_ A priori, on ne peut pas aller à l'encontre de tes moindres désirs, soeurette.
_ Je vais devoir m'y habituer, se plaignit Aaron.
_ Je suis sure que tu y arriveras, le rassurai-je alors que j'étais aussi déconcertée que lui.

___Il est vrai qu'avant je ne me serais jamais permise de donner un ordre - surtout à deux mecs doutés d'une force inouïe à laquelle je n'étais pas encore habituée. Mais c'était avant. Avant que je ne découvre cette partie cachée de ma vie : mes dons. Mon statut de Chimère. Mathieu me tendit sa main que j'attrapai aussitôt pendant qu'Aaron enfilait son tee-shirt et nous filâmes vers la voiture de mon frère. Je montai à l'arrière et rêvassai durant tout le trajet alors que les deux idiots de devant n'arrêtaient pas de parler de sport et autre. Je n'avais pas pu suivre la conversation, trop concentrée sur le paysage qui défilait sous mes yeux. Lorsque l'on arriva au repère, plusieurs voitures étaient garées dans la cour.

_ Y'a pas de réunion aujourd'hui pourtant, pensa Aaron à haute voix.
_ Normalement non.
_ Réunion de quoi ? demandai-je, intriguée.
_ De tout, s'empressa de me répondre mon frère.
_ Mat' ?!
_ Quand les rebelles ont fait ou préparent un mauvais coup.
_ Merci Aaron.
_ Mais, ça ne doit pas avoir de rapport avec eux, on a rien noté.
_ C'était le tour de qui cette nuit ?
_ Gabi, j'crois.
_ Gabi ?
_ Gabriel, c'est un manipulateur du métal.

___Je ne pris pas le peine de répondre, assimilant ces nouvelles informations. Nous sortîmes enfin pour entrer à notre tour chez ce cher Louis. Il était autour de la table, entouré d'une vingtaine de personnes, toutes des Chimères à en juger leur expression déprimante.

_ Il s'est passé quelque chose ? résonna la voix de mon frère.
_ A quoi cela vous sert d'avoir un portable si vous en répondez pas ? enchaîna Louis, sarcastique.
_ On a le droit d'avoir une vie privée !
_ Aaron !
_ Pardon. Pardon.
_ Il y a eu une bagarre cette nuit, commença le brun qui se tenait debout derrière Louis.
_ Comment ça il y a eu une bagarre ?
_ Mat' ! T'es pas bête, tu sais très bien de quoi je parle.
_ Gabi, garde ce genre de réflexion pour toi tu veux. Ça a le don de m'échauffer, s'énerva mon frère en brandissant le poing.
_ Calme-toi ! soufflai-je discrètement.

___Son poing retomba soudainement. Surprenant toutes les personnes présentes dans la pièce. Mon frère se retourna et me souris. Un sourire reconnaissant. Je venais de lui éviter de faire une grosse bêtise comme se battre avec l'un de ses amis. Ce qui, je le devinai, l'aurait fait culpabiliser.

_ Reprenons, nous réveilla Louis qui semblait être le seul à avoir réellement compris ce qui se passait.
_ Je disais, reprit Gabriel, il y a eu une bagarre cette nuit dans le centre ville. Malheureusement, il y a eu trois blessés. Un des potes de Kilian a pété les plombs, même à cinq on a eu du mal à l'arrêter.
_ Cinq contre un ?
_ Ouais.
_ Qu'est-ce que vous avez foutu ? lâcha Aaron.
_ Tu n'étais pas là Aaron, alors ferme-la ! s'énerva le mec aux cotés de Gabriel.
_ Attends Nathan, vous avez pas gérés, avoue-le ! ré enchérit Mat'.
_ Parce que tu crois tout savoir mieux que tout le monde peut-être ?! intervint de nouveau Gabriel.

___Ne supportant pas leur ton, je me concentrai comme je l'avais fait la veille sur la table autour de laquelle ils étaient tous appuyés. Celle-ci trembla, attirant toute l'attention de l'assistance. Les chaises suivirent de peu, créant un broua infernal. Le regard de Louis se braqua sur moi, dur et sévère.

_ Arrête Sarah.
_ Alors, taisez-vous ! Tous !

___Tous se turent comme je m'y attendais mais j'arrêtai comme convenu. L'atmosphère s'était brusquement alourdi. Je sentais de leur appréhension. Leur peur. J'en fus surprise. Qui aurait cru que l'on puisse avoir peur de moi ? Je sentis une main me taper l'arrière du crane.

_ Aïe !
_ Ne refais plus jamais ça ! me réprima mon frère.
_ C'est pas moi qui suis censée commander et donner des ordres ? Et bien, c'est ce que je fais. Je ne veux plus que quiconque hausse la voix en ma présence.
_ A vos ordre Chef ! s'amusa Aaron.
_ On va reprendre depuis le début, dans le calme, n'est-ce pas Gabriel ? Nathan ?
_ Pas de problème, Sarah, répondit Gabriel, au contraire de Nathan qui resta muet.
_ Je t'écoute.
_ On est tombé sur lui part hasard. Il était seul mais j'ai quand même appelé des renforts avant de faire quoi que se soit, comme d'hab'. Mais le mec a complétement disjoncté quand il nous a vu. Il a foncé sur Charly et l'a mis au tapis direct. Après, il s'en est prit à Nathan. On a beau avoir une force décuplée, on est tombé comme des mouches face à lui. Son don est beaucoup plus développé que le notre. Je ne comprends pas pourquoi. Tout ce que je sais, c'est que Charly a une coté cassée, Alex un genou dans un sale état et Paul un doigt H-S.
_ Ils sont où ? demandai-je, sans y avoir réfléchi.
_ De qui ?
_ Les blessés.
_ Avec Cédric.
_ Qui est ?

___Ils me regardèrent tous, étonnés de ma question. Aaron éclata de rire, entraînant les autres avec lui. Une partie de moi aurait voulu, était sur le point de s'énerver. De leur rappeler qu'ils n'avaient pas le droit de se moquer de moi. Qu'ils pourraient le regretter. Mais ça ne me ressemblait pas de penser de cette façon. Je décidai de laisser cette partie de mon subconscient se plaindre sans pour autant écouter ce qu'elle me disait.

_ Hey ! Je suis nouvelle je vous signale, me défendai-je.
_ C'est un médecin, et aussi une Chimère. Il a un don de dédoublement physique.
_ Bien. Je peux les voir ? demandai-je de nouveau.
_ Pour quoi faire ?
_ A ton avis ? J'ai un don de guérison, autant que ça serve.
_ Mais tu ..., commeca Mat'.
_ Je peux ! Je risque rien avec ce don là. Pas d'incendie, ni de chaises qui volent.
_ Je suis d'accord avec toi, déclara Louis. Suis-moi, ils sont dans notre infirmerie.

___Je sortis de la maison dévencée par Louis. Aaron, mon frère et les autres me suivaient. Il nous fallut traverser leur salle d'entraînement. On se serait cru dans une salle de boxe. Il y avait une ébauche de ring au milieu de la pièce - un tapis, quatre piquets et de la ficelle - et une dizaine de pushing-ball de toute sorte autour. Des appareils de musculation s'y trouvaient aussi. La pièce était sombre et le plafond habillé de quatre néons. Une véritable salle de sport pour futur champion. Au fond de la salle, une petite porte blanche qui menait certainement vers leur infirmerie. Celle-ci était bleu ce qui m'étonna, je m'étais attendu à trouver une pièce blanche, envahie d'une désagréable odeur de désinfectant. Au contraire, un parfum de lavande flottait dans l'air. Un joli lustre orné cette fois-ci le ciel bas et bleu nuit de la pièce. Il y avait cinq lits dont deux étaient occupés. Le troixième blessé était nonchalamment assis sur une chaise entre les deux autres.
___Ils relevèrent tous les trois la tête en entendant la porte grincer. Leurs yeux se posèrent sur moi. Aucune gène de ma part - surprenant n'est-ce pas ? Mais je sentais de l'incompréhension à travers leurs prunelles. Un homme en blouse blanche, sûrement Cédric arriva et questionna Louis.

_ Que se passe-t-il ?
_ Je t'apporte une infirmière spéciale.

___Il me regarda à son tour, me détailla pendant quelques secondes et finit par sourire. Je compris qu'il avait deviné la raison de ma présence ici, on avait du lui parler de moi. Il se décalla pour me laisser passer. J'avalai une grande bouffée d'air avant d'aller rejoindre les grands blessés, avec tout de même, une certaine réticence. Je m'approchai de Paul, que je reconnus à sa main bandée.

_ C'est lequel doigt ? le questionnai-je

___Il ne me répondit pas mais leva la main droite après avoir enlevé sa bande. Le majeur. Ca devait être irritant de se casser précisément ce doigt. Ma réflexion me fit rire mais je repris rapidement son sérieux, ne souhaitant pas passer pour une folle. Je lui pris le poignet d'une main et entourai son doigt de l'autre. Comme la veille, sans y avoir réfléchi au-préalable, je prenais des initiatives n'ayant pourtant jamais utilisé ce don pour quoi que se soit. Pour soigner une brûlure, ou un doigt cassé. Je n'avais pas besoin d'avoir recourt à une intense concentration comme c'était le cas pour mes autres dons. Mes gestes étaient instinctifs comme si je les avais déjà répétés mainte et mainte fois. Je commançais à croire que j'avais été une Chimère guérisseuse dans une vie antérieure. Rien que le fait de penser à guérir la blessure, celle-ci disparaissait.
___Ce fait se reproduisit. Je sentais Paul se crisper, signe que l'os de son doigt se ressouder. Je lâchai son doigt ainsi que son poignet. Il hésita un moment et finit à plier le doigt.


_ Efficace ! s'éxtasia-t-il devant son doigt remi.
_ Merci. A qui le tour ? lançai-je, joyeuse de réussir à contrôler au moins l'un de mes dons.
_ Soigne Alex, il en a plus besoin que moi.
_ D'accord, acceptai-je.

___Je ma plaçai à coté du dit Alex. Il n'était pas plus rassuré que les autres. Son genou gauche avait viré au violet, son tibia était déplacé. Je me surpris une nouvelle fois en employant le terme tibia - peut-être mes cours de science étaient-ils plus utiles que je ne le pensais. Mes mains se placèrent d'elles-mêmes sur son genou ainsi que sur la bosse que formait son os ressorti. Je respirai et laissai mes mains travailler, leur accordant toute ma confiance.

_ Respire, lui ordonnai-je.
_ Pourq...

___Sans qu'il n'ait eu le temps de finir sa phrase, sans me poser de questions, sans la moindre once d'hésitation, j'appuyai sur son os pour le replacer laissant ma deuxième main sur son genou. Il avait crié de douleur pendant 'l'opération'. Des larmes roulèrent sur ses joues. Mais bien vite, la douleur fit place au soulagement, une fois cette dure épreuve terminée. Il me remercia, cherchant une excuse qui expliquerait ses joues mouillées. Je continuai sur ma lancée en me dirigeant vers Charly.
___Je posai mes mains où il me l'indiqua, là où sa côte avait cédé. Au contraire d'Alex, il ne ressentit aucune douleur - du moins, il ne le fit pas voir - et se leva à son tour complètement rétabli. Tous sortirent de l'infirmerie après un dernier bilan de Cédric pour aller boire un coup. Je comptais les suivre quand mon frère et Aaron accompagnés de Louis et du médecin se postèrent devant moi, sérieux.

_ Quoi ?
_ Comment as-tu fait ça ? me demanda mon frère, ébahi.
_ Je sais pas. J'ai même pas eu à réfléchir, j'ai fait ca comme ça, répondis-je en claquant des doigts.
_ J'avais compris moi ! C'était très clairement expliqué dans sa caboche, s'exclama Aaron.
_ P'tit con ! grognai-je en serrant les dents tandis qu'il souriait fier de son effet.
_ C'est assez impressionnant, déclara Cédric. Pour une Chimère qui ne connait l'existence de ses dons que depuis trois jours, j'avoue que tu m'impressionnes énormément.
_ Merci.
_ Au moins avec ce don la, elle ne peut faire que du bien, rigola Aaron.
_ Merci de ta confiance.
_ Je rigole ma belle.
_ Mais je pense que tu ne peux guérir que les blessures physiques, je ne pense pas que ton don s'applique aux infections, aux maladies génétiques et autres. Tu me suis ?
_ Oui. Je vois ce que vous voulez dire.
_ Nous verrons ca plus tard, nous interrompit Louis.
_ Ouais, t'as un entrainement à poursuivre.
_ Après cette démonstration de talent, ca devrait être un jeu d'enfants pour toi.

___Ils sourirent. Moi je n'y arrivais pas. Je ne le montrais pas. Mais cette impression de ne rien contrôler tournait en boucle dans ma tête et je ne pouvais pas l'ignorer. Je pouvais guérir certes, mais mes autres dons étaient si destructeurs que le reste n'avait pas d'importance. Les garçons m'attrapèrent par les bras, m'empéchant toute résistance. Ils avaient décidé de me tuer.




Et voila une nouvelle partie postée. Diîtes moi ce que vous en pensez. Critiques, compliments peut-être ? Encore merci de me lire. Bisous.
ღ ʝεииɪƒεя ღ

Autres liens : Ficlovetokiohotel / Freundschaft-th / Yaoi-liebe-bill-tom / Maphilo2lavie
Vous pouvez aller me noter : Best-sky-stories / Reves-Repertoire

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 15:30

Modifié le samedi 05 décembre 2009 08:35

° ~ * ~ ° JOYEUX NOËL ° ~ * ~ °


Je vous souhaite à tous et à toutes un Joyeux Noël. Amusez vous bien et profitez de votre soirée.
Ne buvez pas trop sauf si vous ne prenez pas le volant. XD Sam c'est celui qui ne boit pas !
Je vous embrasse.

________________________


Jennifer est de retour mais pas pour vous jouer un mauvais tour.
C'est juste pour vous souhaiter une BONNE ANNE !
J'espère que 2010 sera pour vous une année de réussite.
Je l'espère pour moi aussi d'ailleurs ! XD
Je voudrais aussi gagner au loto, m'acheter une ferrari ...
Mais je crois que c'est mort ... Tanpis ! --'
Quoiqu'il en soit, bonne année à vous tous.
Plein de bonheur, de chance et d'amour ^^
Je vous embrasse, ღ ʝεииɪƒεя ღ
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 24 décembre 2009 10:54

Modifié le vendredi 01 janvier 2010 09:52