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Prise de conscience 1ere partie
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_ Debout soeurette ! résonna une voix.
___Un grognement m'échappa. Je sentit un poids affaisser mon lit. J'ouvris les yeux avec difficulté pour finir par les poser sur mon frère. J'avais un atroce mal de tête. Un goût immonde à la bouche. Mes oreilles bourdonnaient. Et pour finir, j'avais trop chaud. J'enfouis ma tête sous mon oreiller et finis par lui répondre tout simplement :
_ Bonjour.
_ Bonjour p'tite soeur.
_ Qu'est-ce que tu veux ?
___Mon frère rit. Il est vrai que coté amabilité, il y avait du boulot. Je détestais parler le matin. Il fallait attendre que ma tête soit passée sous l'eau brûlante de la douche pour réussir à tirer quelque chose de moi.
_ Je voulais savoir si tu faisais quelque chose aujourd'hui ?
_ On est quel jour ?
_ Samedi.
_ Hum ... Je vais voir le match d'Aaron.
_ Toi ?! s'exclama-t-il, ahuri.
_ Ouais. On va pas dire que je lui ai promis d'aller le voir mais bon, j'ai dit oui alors, j'y vais.
_ Tu l'aimes bien Aaron ?
_ Mon dieu, je parle mec avec mon frère.
_ On parle tout court.
___Je sentis une pointe de tristesse dans sa voie. Mon coeur se serra et je consentis enfin à sortir de mon nid.
_ Désolée. Je suis sûrement pas la petite soeur idéale.
_ Tais-toi ! Ne redis jamais ça, t'entend ! s'énerva-t-il, d'un seul coup.
_ T'énerve pas comme ça, déclarai-je sans prêter attention à son changement d'attitude - je ne devais pas être très bien réveillée.
_ C'est moi qui suis con. Quand j'ai appris que j'étais une Chimère, et que c'est toi qui était destinée à te battre avec nous, à ... à notre tête, je ... j'l'ai mal digéré et j'ai un peu rejeté la faute sur toi, puis après sur les parents et ... Enfin bon, j'ai eu tord.
_ J'te le fais pas dire ! rétorquai-je.
_ Bon, j'te prendrais en même temps qu'Aaron alors.
_ J'imagine oui. Ça te dérange que je passe du temps avec Aaron ?
_ En fait, je suis un peu jaloux. Mais, c'est un mec bien alors, ça passe !
___Il se leva et sortit de ma chambre après m'avoir déposé un baiser sur le crâne. Je soupirai et décidai de me lever à mon tour. Je fis une halte devant mon armoire et filai dans la salle de bain. Je profitai de cet instant pour ne plus penser, oublier les derniers jours qui avaient été de loin les plus compliqué de toute ma jeune vie. La matinée passa rapidement. Je fis mes devoirs, me connectai pour parler avec Julie - cette dernière voulant à tout prix me donner des conseils pour mon soi-disant rendez-vous avec Aaron - et préparai un sac de fringues comme me l'avait demandé Louis la veille. Je pris le temps de manger avec ma mère, mon père et mon frère étant absent.
_ Que fais-tu aujourd'hui ma fille ? me lança-t-elle, rompant le silence.
_ Je vais voir le match d'Aaron et après on part avec Mat'.
_ Tu passes de plus en plus de temps avec Aaron non ? m'interrogea-t-elle, se voulant détachée du sujet.
_ Ce n'est pas une question ça.
_ Oui, c'est vrai. Il y a quelque chose entre vous ?
_ Maman ! C'est un ami c'est tout !
_ Il te plaît ?
_ Maman ! Je n'ai pas envie d'en parler. Et surtout avec toi. Ce n'est pas pour te vexer.
_ Tu me le dirais si lui et toi vous ... sortiez ensemble ?
_ Stop ! Fin d'la discussion, l'avertis-je.
___Je me levai et débarrassai ma table. Ma mère riait, se moquant gentillement de mon comportement d'ado rebelle. Je préférai ne rien dire de peur de m'enfoncer. La porte d'entrée me sauva. Aaron. Je montai rapidement prendre mon sac et redescendais en courant. J'arrivai en bas et vis Aaron attendre à l'entrée, tout sourire. Son sac en bandoulière. Ses cheveux en désorde. Je ne pus me retenir de sourire et passai une veste légère avant d'aller le rejoindre. Les yeux de ma mère brillait de je ne sais quelle lueur espiègle.
_ Salut m'man ! lui dis-je en l'embrassant.
_ Amusez-vous bien.
_ Salut Véro ! lança Aaron.
___Une fois dehors, il embrassa ma tempe comme il avait pris l'habitude de le faire ces derniers jours. Nous nous mîmes en chemin rapidement, pour ne pas qu'il arrive en retard.
_ J'ai lu dans les pensées de ta mère, lâcha-t-il tout à coup.
_ Quoi ?! T'as pas honte !
_ Ça devrait t'intéresser pourtant.
_ Laisse-moi deviner, elle croit qu'on sort ensemble.
_ Oui.
_ Mon dieu ! N'importe quoi.
_ Ça te dérangerais ? demanda-t-il, dubitatif.
_ Tu rigoles ?
___Il baissa les yeux trouvant soudainement le sol intéressant. Je regrettai aussitôt mes mots.
_ Bien sur que non, ça ne me dérangerait pas ... c'est pas ça ... c'est juste que pour l'instant on est pas ensemble, c'est tout.
___Sans m'en rendre compte, je m'étais arrêtée en plein milieu du chemin. Je repensais à ce que je venais de dire. Je venais de lui faire comprendre que j'étais intéressée. Plus ou moins subtilement. Maman, j'te revaudrais ça.
_ Bref, on avance ! décrétai-je à court d'argument.
_ A vos ordres, Chef !
_ Idiot ! lui dis-je en lui assenant un coup dans les côtes.
_ Aïe !
_ Avec la force de mouche que j'ai, j'ai pas du te faire mal.
_ Force de mouche ? On voit que tu ne te tapes pas.
_ Oups, pardon. J'ai pas l'habitude, je suis désolée, m'excusai-je en m'éloignant de lui de deux bons mètres.
_ Respire, je suis pas mort !
___Je rigolai de sa remarque - c'était plutôt un rire nerveux en y repensant - et il passa son bras autour de mes épaules pour me rapprocher de lui. Je me sentais si bien dans ses bras. A ma place. Protégée de tout. Heureuse. En deux jours, il avait réussit à se faire une place dans mon coeur et comptait bien y rester. Peut-être avais-je une place semblable dans le sien. A croire que nos sentiments étaient présents depuis un moment mais ne s'étaient pas dévoilés plus tôt. Le reste du chemin se fit dans la rigolade, nos sourires se répondant, vivants et joyeux. Même si je n'étais pas parvenue à me débarrasser de ce léger sentiment de culpabilité. Nous arrivâmes au stade du centre ville pile à l'heure. Aaron me laissa prendre place dans les gradins après son désormais culte baiser sur la tempe et partit rejoindre son équipe aux vestiaires. Son éternel sourire encore plus éblouissant qu'à l'habituel.
___Les gradins étaient plus confortables que je ne l'avais imaginé. Il y avait plus d'une quarantaine de personnes présentes pour assister au match. Des parents qui ne cessaient de faire l'éloge de leur enfant, racontant leurs exploits depuis le plus jeune âge. Des amis qui se chamaillaient attendant patiemment le début du match. Des petites-amies à l'allure de pom pom girls qui faisaient de grands signes en direction de leur favoris. Et au milieu de tout ça, il y avait Sarah. Une jeune fille perdue dans la foule qui ne savait pas très bien ce qu'elle faisait là. Dont les pensées ressemblaient à un méli-mélo de questions farfelues. Et qui surtout, contrôlait chacun de ses gestes de peur d'être démasquée par ces gens qu'elle ne connaissait pas. Qu'elle n'avait jamais vu. Elle avait peur. Oui, j'avais peur de commettre une erreur.
___Mes pensées s'envolèrent quand les joueurs entrèrent sur le terrain une dizaine minutes plus tard, tous vêtus de leur short et maillot rouges. Je ne pus m'empêcher de trouver Aaron sexy. Beau comme un dieu. Mon style tout craché. Je me frappai mentalement. Je devenais vraiment cinglée ! J'osais penser ce genre de choses alors que je savais qu'il n'était pas loin et que, à coup sur, il m'écoutait. Ils s'échauffèrent pendant une petite demi-heure et le coup de sifflet retentit sonnant le début du match. Aaron était sur la droite et donc du coté des gradins. Il n'arrêtait pas de se retourner et de me sourire. J'étais absorbée dans ma contemplation quand une main froide se posa sur mon épaule. Je me retournai en sursaut, laissant échapper un cri ridicule.
_ Désolée, je voulais pas te faire peur, s'excusa la belle blonde qui se trouvait devant moi.
_ Nan c'est rien, je suis rodée.
_ J'te comprends. Ça a été la même chose quand je l'ai appris moi aussi.
___Elle s'était assise à coté de moi mais je m'étais figée. Ses paroles tournant en boucle dans ma tête.
_ Pardon, j'me suis pas présentée, Emilie, cousine de l'autre idiot qui n'arrête pas de te regarder avec un air béat sur la tronche et manipulatrice de l'eau à mes heures perdues, déclara-t-elle en me tendant la main.
_ Okay. Bah, moi c'est Sarah, lui répondis-je en la lui serrant.
_ Je suis au courant, comme tout le monde.
_ Ah oui c'est vrai. La dernière au courant, c'est moi.
_ Tu ne devrais pas penser de cette façon. Il doit encore en rester des Chimères qui savent pas ce qu'elles sont, muramua-t-elle si bas que j'eus du mal à l'entendre.
_ Pourquoi parles-tu aussi ... bas ?
_ Tu tiens vraiment à ce qu'on nous prenne pour des folles qui s'inventent un monde imaginaire peuplé de créatures mythologiques ?
___Sa question me sembla aussi stupide que la mienne. Je rigolai avec elle et elle me tint compagnie jusqu'à la fin du match. Elle n'avait pas arrêté de me raconter des anecdotes sur son cher cousin, Aaron, lorsqu'il était haut comme trois pommes. Le pauvre, quand il le lirait. Ce dernier nous rejoignit après le coup de sifflet final, serrant la main des joueurs adverses au passage.
_ Tiens, la famille débarque ! lança-t-il à l'intention d'Emilie.
_ Salut beau blond.
___Elle lui écrasa la mâchoire en guise de bonjour, ce qui me fit à nouveau rire.
_ C'est ca, fous-toi de moi !
_ Si tu savais.
_ Non Mimi t'abuse ! se plaignit-il après quelques secondes à explorer nos pensées.
_ Désolée, c'était plus fort que moi.
_ Prochaine fois, abstiens-toi, j't'en pris.
_ J'essayerais, lui promit-elle, croisant les doigts dans son dos.
_ Bon, je vais prendre ma douche et je reviens vite.
_ Moi aussi, faut que j'y aille.
_ Déjà ?
_ Oui, je .. j'ai un truc à faire.
___Elle nous fit la bise et repartit comme elle était arrivée après un dernier signe de la main et un sourire qui me parut plus triste que les précédents. Plus terne. Presque désolé.
_ J'me dépêche, me réveilla Aaron.
_ Je t'attends.
___II me gratifia de son magnifique sourire, embrassa ma tempe et partit à toute vitesse en direction des vestiaires. Je laissai ma tête retombée sur mes genoux ramenés contre mon torse et attendis. Je m'amusais à écouter les conversations alentours, toutes dénuées d'intérêt. Certains commentaient le match. D'autres - surtout des filles - cherchaient à savoir lequel joueur était le plus craquant. Quelques-uns étaient partis sur un tout autre sujet. Les chuchotements des filles qui m'entouraient se dissipèrent d'un coup. Je décidai de relever la tête pour en connaître la source. Aaron venait vers moi. Les cheveux mouillés. Son tee-shirt à la main. Son sac sur l'épaule. Comment ne pas le trouver beau à se damner ? Je n'arrivais pas à détacher mes yeux de son torse. J'étais certaine de n'avoir jamais vu un mec sans tee-shirt - une vraie sainte. Je me rattrapais depuis quelques temps. A son éclat de rire, je compris que je n'étais pas seule dans ma tête.
_ Aaron ! grognai-je.
_ J'adore t'écouter, j'y peux rien ! Puis, c'est vrai que je suis à tomber. Regarde tous ces regards braqués sur moi.
_ Vantard !
_ J'assume entièrement.
_ Au fait, je ne t'ai pas félicité pour ton match. Toutes mes félicitations.
___Il s'avança trop rapidement pour un humain. Mais aussi pour moi. Je manquais cruellement de réflexe. Il me déposa un baiser dans le cou qui me fit frissonner.
_ Merci princesse, me chuchotta-t-il à l'oreille.
_ Je vous dérange pas trop ? nous coupa une voix qui ne nous était pas inconnue.
_ Si, un peu, répliqua Aaron.
_ Arrête de traumatiser ma soeur veux-tu.
_ Je pense que c'est hors de mes compétences.
_ Et moi je pense que c'est le contraire. Je dois vraiment de le prouver ?
_ Je ne demande qu'à voir.
_ Arrêtez ! m'interposai-je.
___Ils stoppèrent tous mouvements contre leur gré, comme s'ils venaient de recevoir un ordre. J'avais préféré de pas y penser à cet instant. Reléguant cette discussion à plus tard.
_ Allez, on y va.
_ A priori, on ne peut pas aller à l'encontre de tes moindres désirs, soeurette.
_ Je vais devoir m'y habituer, se plaignit Aaron.
_ Je suis sure que tu y arriveras, le rassurai-je alors que j'étais aussi déconcertée que lui.
___Il est vrai qu'avant je ne me serais jamais permise de donner un ordre - surtout à deux mecs doutés d'une force inouïe à laquelle je n'étais pas encore habituée. Mais c'était avant. Avant que je ne découvre cette partie cachée de ma vie : mes dons. Mon statut de Chimère. Mathieu me tendit sa main que j'attrapai aussitôt pendant qu'Aaron enfilait son tee-shirt et nous filâmes vers la voiture de mon frère. Je montai à l'arrière et rêvassai durant tout le trajet alors que les deux idiots de devant n'arrêtaient pas de parler de sport et autre. Je n'avais pas pu suivre la conversation, trop concentrée sur le paysage qui défilait sous mes yeux. Lorsque l'on arriva au repère, plusieurs voitures étaient garées dans la cour.
_ Y'a pas de réunion aujourd'hui pourtant, pensa Aaron à haute voix.
_ Normalement non.
_ Réunion de quoi ? demandai-je, intriguée.
_ De tout, s'empressa de me répondre mon frère.
_ Mat' ?!
_ Quand les rebelles ont fait ou préparent un mauvais coup.
_ Merci Aaron.
_ Mais, ça ne doit pas avoir de rapport avec eux, on a rien noté.
_ C'était le tour de qui cette nuit ?
_ Gabi, j'crois.
_ Gabi ?
_ Gabriel, c'est un manipulateur du métal.
___Je ne pris pas le peine de répondre, assimilant ces nouvelles informations. Nous sortîmes enfin pour entrer à notre tour chez ce cher Louis. Il était autour de la table, entouré d'une vingtaine de personnes, toutes des Chimères à en juger leur expression déprimante.
_ Il s'est passé quelque chose ? résonna la voix de mon frère.
_ A quoi cela vous sert d'avoir un portable si vous en répondez pas ? enchaîna Louis, sarcastique.
_ On a le droit d'avoir une vie privée !
_ Aaron !
_ Pardon. Pardon.
_ Il y a eu une bagarre cette nuit, commença le brun qui se tenait debout derrière Louis.
_ Comment ça il y a eu une bagarre ?
_ Mat' ! T'es pas bête, tu sais très bien de quoi je parle.
_ Gabi, garde ce genre de réflexion pour toi tu veux. Ça a le don de m'échauffer, s'énerva mon frère en brandissant le poing.
_ Calme-toi ! soufflai-je discrètement.
___Son poing retomba soudainement. Surprenant toutes les personnes présentes dans la pièce. Mon frère se retourna et me souris. Un sourire reconnaissant. Je venais de lui éviter de faire une grosse bêtise comme se battre avec l'un de ses amis. Ce qui, je le devinai, l'aurait fait culpabiliser.
_ Reprenons, nous réveilla Louis qui semblait être le seul à avoir réellement compris ce qui se passait.
_ Je disais, reprit Gabriel, il y a eu une bagarre cette nuit dans le centre ville. Malheureusement, il y a eu trois blessés. Un des potes de Kilian a pété les plombs, même à cinq on a eu du mal à l'arrêter.
_ Cinq contre un ?
_ Ouais.
_ Qu'est-ce que vous avez foutu ? lâcha Aaron.
_ Tu n'étais pas là Aaron, alors ferme-la ! s'énerva le mec aux cotés de Gabriel.
_ Attends Nathan, vous avez pas gérés, avoue-le ! ré enchérit Mat'.
_ Parce que tu crois tout savoir mieux que tout le monde peut-être ?! intervint de nouveau Gabriel.
___Ne supportant pas leur ton, je me concentrai comme je l'avais fait la veille sur la table autour de laquelle ils étaient tous appuyés. Celle-ci trembla, attirant toute l'attention de l'assistance. Les chaises suivirent de peu, créant un broua infernal. Le regard de Louis se braqua sur moi, dur et sévère.
_ Arrête Sarah.
_ Alors, taisez-vous ! Tous !
___Tous se turent comme je m'y attendais mais j'arrêtai comme convenu. L'atmosphère s'était brusquement alourdi. Je sentais de leur appréhension. Leur peur. J'en fus surprise. Qui aurait cru que l'on puisse avoir peur de moi ? Je sentis une main me taper l'arrière du crane.
_ Aïe !
_ Ne refais plus jamais ça ! me réprima mon frère.
_ C'est pas moi qui suis censée commander et donner des ordres ? Et bien, c'est ce que je fais. Je ne veux plus que quiconque hausse la voix en ma présence.
_ A vos ordre Chef ! s'amusa Aaron.
_ On va reprendre depuis le début, dans le calme, n'est-ce pas Gabriel ? Nathan ?
_ Pas de problème, Sarah, répondit Gabriel, au contraire de Nathan qui resta muet.
_ Je t'écoute.
_ On est tombé sur lui part hasard. Il était seul mais j'ai quand même appelé des renforts avant de faire quoi que se soit, comme d'hab'. Mais le mec a complétement disjoncté quand il nous a vu. Il a foncé sur Charly et l'a mis au tapis direct. Après, il s'en est prit à Nathan. On a beau avoir une force décuplée, on est tombé comme des mouches face à lui. Son don est beaucoup plus développé que le notre. Je ne comprends pas pourquoi. Tout ce que je sais, c'est que Charly a une coté cassée, Alex un genou dans un sale état et Paul un doigt H-S.
_ Ils sont où ? demandai-je, sans y avoir réfléchi.
_ De qui ?
_ Les blessés.
_ Avec Cédric.
_ Qui est ?
___Ils me regardèrent tous, étonnés de ma question. Aaron éclata de rire, entraînant les autres avec lui. Une partie de moi aurait voulu, était sur le point de s'énerver. De leur rappeler qu'ils n'avaient pas le droit de se moquer de moi. Qu'ils pourraient le regretter. Mais ça ne me ressemblait pas de penser de cette façon. Je décidai de laisser cette partie de mon subconscient se plaindre sans pour autant écouter ce qu'elle me disait.
_ Hey ! Je suis nouvelle je vous signale, me défendai-je.
_ C'est un médecin, et aussi une Chimère. Il a un don de dédoublement physique.
_ Bien. Je peux les voir ? demandai-je de nouveau.
_ Pour quoi faire ?
_ A ton avis ? J'ai un don de guérison, autant que ça serve.
_ Mais tu ..., commeca Mat'.
_ Je peux ! Je risque rien avec ce don là. Pas d'incendie, ni de chaises qui volent.
_ Je suis d'accord avec toi, déclara Louis. Suis-moi, ils sont dans notre infirmerie.
___Je sortis de la maison dévencée par Louis. Aaron, mon frère et les autres me suivaient. Il nous fallut traverser leur salle d'entraînement. On se serait cru dans une salle de boxe. Il y avait une ébauche de ring au milieu de la pièce - un tapis, quatre piquets et de la ficelle - et une dizaine de pushing-ball de toute sorte autour. Des appareils de musculation s'y trouvaient aussi. La pièce était sombre et le plafond habillé de quatre néons. Une véritable salle de sport pour futur champion. Au fond de la salle, une petite porte blanche qui menait certainement vers leur infirmerie. Celle-ci était bleu ce qui m'étonna, je m'étais attendu à trouver une pièce blanche, envahie d'une désagréable odeur de désinfectant. Au contraire, un parfum de lavande flottait dans l'air. Un joli lustre orné cette fois-ci le ciel bas et bleu nuit de la pièce. Il y avait cinq lits dont deux étaient occupés. Le troixième blessé était nonchalamment assis sur une chaise entre les deux autres.
___Ils relevèrent tous les trois la tête en entendant la porte grincer. Leurs yeux se posèrent sur moi. Aucune gène de ma part - surprenant n'est-ce pas ? Mais je sentais de l'incompréhension à travers leurs prunelles. Un homme en blouse blanche, sûrement Cédric arriva et questionna Louis.
_ Que se passe-t-il ?
_ Je t'apporte une infirmière spéciale.
___Il me regarda à son tour, me détailla pendant quelques secondes et finit par sourire. Je compris qu'il avait deviné la raison de ma présence ici, on avait du lui parler de moi. Il se décalla pour me laisser passer. J'avalai une grande bouffée d'air avant d'aller rejoindre les grands blessés, avec tout de même, une certaine réticence. Je m'approchai de Paul, que je reconnus à sa main bandée.
_ C'est lequel doigt ? le questionnai-je
___Il ne me répondit pas mais leva la main droite après avoir enlevé sa bande. Le majeur. Ca devait être irritant de se casser précisément ce doigt. Ma réflexion me fit rire mais je repris rapidement son sérieux, ne souhaitant pas passer pour une folle. Je lui pris le poignet d'une main et entourai son doigt de l'autre. Comme la veille, sans y avoir réfléchi au-préalable, je prenais des initiatives n'ayant pourtant jamais utilisé ce don pour quoi que se soit. Pour soigner une brûlure, ou un doigt cassé. Je n'avais pas besoin d'avoir recourt à une intense concentration comme c'était le cas pour mes autres dons. Mes gestes étaient instinctifs comme si je les avais déjà répétés mainte et mainte fois. Je commançais à croire que j'avais été une Chimère guérisseuse dans une vie antérieure. Rien que le fait de penser à guérir la blessure, celle-ci disparaissait.
___Ce fait se reproduisit. Je sentais Paul se crisper, signe que l'os de son doigt se ressouder. Je lâchai son doigt ainsi que son poignet. Il hésita un moment et finit à plier le doigt.
_ Efficace ! s'éxtasia-t-il devant son doigt remi.
_ Merci. A qui le tour ? lançai-je, joyeuse de réussir à contrôler au moins l'un de mes dons.
_ Soigne Alex, il en a plus besoin que moi.
_ D'accord, acceptai-je.
___Je ma plaçai à coté du dit Alex. Il n'était pas plus rassuré que les autres. Son genou gauche avait viré au violet, son tibia était déplacé. Je me surpris une nouvelle fois en employant le terme tibia - peut-être mes cours de science étaient-ils plus utiles que je ne le pensais. Mes mains se placèrent d'elles-mêmes sur son genou ainsi que sur la bosse que formait son os ressorti. Je respirai et laissai mes mains travailler, leur accordant toute ma confiance.
_ Respire, lui ordonnai-je.
_ Pourq...
___Sans qu'il n'ait eu le temps de finir sa phrase, sans me poser de questions, sans la moindre once d'hésitation, j'appuyai sur son os pour le replacer laissant ma deuxième main sur son genou. Il avait crié de douleur pendant 'l'opération'. Des larmes roulèrent sur ses joues. Mais bien vite, la douleur fit place au soulagement, une fois cette dure épreuve terminée. Il me remercia, cherchant une excuse qui expliquerait ses joues mouillées. Je continuai sur ma lancée en me dirigeant vers Charly.
___Je posai mes mains où il me l'indiqua, là où sa côte avait cédé. Au contraire d'Alex, il ne ressentit aucune douleur - du moins, il ne le fit pas voir - et se leva à son tour complètement rétabli. Tous sortirent de l'infirmerie après un dernier bilan de Cédric pour aller boire un coup. Je comptais les suivre quand mon frère et Aaron accompagnés de Louis et du médecin se postèrent devant moi, sérieux.
_ Quoi ?
_ Comment as-tu fait ça ? me demanda mon frère, ébahi.
_ Je sais pas. J'ai même pas eu à réfléchir, j'ai fait ca comme ça, répondis-je en claquant des doigts.
_ J'avais compris moi ! C'était très clairement expliqué dans sa caboche, s'exclama Aaron.
_ P'tit con ! grognai-je en serrant les dents tandis qu'il souriait fier de son effet.
_ C'est assez impressionnant, déclara Cédric. Pour une Chimère qui ne connait l'existence de ses dons que depuis trois jours, j'avoue que tu m'impressionnes énormément.
_ Merci.
_ Au moins avec ce don la, elle ne peut faire que du bien, rigola Aaron.
_ Merci de ta confiance.
_ Je rigole ma belle.
_ Mais je pense que tu ne peux guérir que les blessures physiques, je ne pense pas que ton don s'applique aux infections, aux maladies génétiques et autres. Tu me suis ?
_ Oui. Je vois ce que vous voulez dire.
_ Nous verrons ca plus tard, nous interrompit Louis.
_ Ouais, t'as un entrainement à poursuivre.
_ Après cette démonstration de talent, ca devrait être un jeu d'enfants pour toi.
___Ils sourirent. Moi je n'y arrivais pas. Je ne le montrais pas. Mais cette impression de ne rien contrôler tournait en boucle dans ma tête et je ne pouvais pas l'ignorer. Je pouvais guérir certes, mais mes autres dons étaient si destructeurs que le reste n'avait pas d'importance. Les garçons m'attrapèrent par les bras, m'empéchant toute résistance. Ils avaient décidé de me tuer.
Et voila une nouvelle partie postée. Diîtes moi ce que vous en pensez. Critiques, compliments peut-être ? Encore merci de me lire. Bisous.ღ ʝεииɪƒεя ღ
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